Dehaene tient sa potion magique

BHV Le médiateur invite à réunir lundi les partis de la majorité et les verts

Les agendas, rue de la Loi, ont été libérés, ces trois prochains jours. La négociation sur BHV entre dans sa phase finale.

1L’agenda. Jean-Luc Dehaene est pour la première fois sorti de sa discrétion dimanche… Le médiateur royal a annoncé, par voie de communiqué, qu’il avait demandé à Yves Leterme de convier les présidents de parti de la majorité et des deux partis verts à une réunion, ce lundi soir. Objectif : étudier une « proposition de fond » que leur fera l’homme fort de Vilvorde. Pas la moindre précision sur le lieu ou l’heure. Mais, entre les lignes, une confirmation : Jean-Luc Dehaene a bien avancé et entame le sprint final. La preuve, noir sur blanc cette fois : « En cas d’accord, le Premier ministre pourra en présenter le contenu cette semaine au Parlement. » L’objectif est d’aboutir à une solution pour jeudi, jour de la séance plénière à la Chambre. Par ces quelques lignes, le démineur royal calme ceux qui, VLD en tête, avaient mis la pression sur l’agenda, sur l’air de « on avait dit Pâques, arrêtons de postposer Pâques ». Là, le négociateur en chef se donne trois jours (et trois nuits). Pas question, donc, de s’éterniser !

2Le contenu. Jean-Luc Dehaene ne laisse rien voir de son jeu… Mais, selon nos informations, il travaillerait sur les traces de Guy Verhofstadt qui, en 2005, avait failli emporter la mise (lire ci-contre). Il est donc question de scinder les arrondissements électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Avec des compensations pour les francophones de la périphérie. Le démineur distinguerait toutefois clairement les six communes à facilités (Wezembeek, Rhode, Crainhem, Linkebeek, Wemmel et Drogenbos) et les autres communes de la périphérie à forte population francophone. En clair, les droits des francophones seraient renforcés dans le premier groupe et non dans le second – un moyen d’enrayer l’extension de la « tâche d’huile » francophone. Par ailleurs, Jean-Luc Dehaene insisterait, lors de ses contacts, sur la simultanéité des scrutins, en l’occurrence des élections fédérales et régionales en 2014. Voilà qui augurerait d’une législature fédérale écourtée, largement dominée par une vaste réforme de l’Etat. Dont on énoncerait le menu (la liste des articles à réviser) officiellement maintenant. Et à la négociation de laquelle on convierait (officieusement dès maintenant) les signataires de l’accord BHV – en clair, une garantie de participation gouvernementale pour les signataires d’un éventuel compromis BHV.

3 Le climat. Dans son communiqué, Jean-Luc Dehaene a réinsisté sur la discrétion absolue. « Pour sauvegarder les chances de succès, il est nécessaire de maintenir dans la phase finale des négociations la discrétion dont ont fait preuve tous mes interlocuteurs jusqu’ici. » De fait, jusqu’ici, le médiateur a pu agir sans qu’aucune de ses propositions ne filtre dans la presse. Un exploit qui étonne (en ce compris dans le camp des négociateurs), tant on avait pris l’habitude, durant l’Orange bleue, de voir le moindre alinéa aussitôt éventé dans les médias. Tous, autour de la table, y voient un ingrédient de succès… Et si, loin des négociateurs, des voix s’élèvent pour crier leur scepticisme ou leur pessimisme, dans l’entourage des ténors, c’est plutôt l’optimisme qui règne. Teinté de prudence, cela va de soi.

L’accord de 2005

Jean-Luc Dehaene sur les traces de Guy Verhofstadt
Le quasi-accord de 2005 aurait largement inspiré les négociateurs. Bref rappel du texte négocié par Guy Verhofstadt.

Arrondissement électoral. L’élection des membres de la Chambre était organisée, dans l’ancienne province de Brabant, selon quatre circonscriptions : Bruxelles, Hal-Vilvorde, Louvain et Nivelles. Les électeurs de Louvain et Hal-Vilvorde ne pouvaient voter que pour des listes néerlandophones. A Bruxelles et dans les six communes à facilités, on pouvait voter, au choix, pour une liste néerlandophone ou francophone. Dans seize communes (Zaventem, Overijse, Hal, Vilvorde…), on prévoyait la possibilité de voter à Bruxelles. Un droit d’inscription « extinctif » : non applicable aux nouveaux habitants.

Arrondissement judiciaire. Il était « dédoublé » : un siège francophone et un néerlandophone.

Compensations en périphérie. La Communauté française pouvait exercer ses compétences dans les communes à facilités en matière d’enseignement, de sport, de jeunesse… Les facilités étaient par ailleurs « bétonnées ».

COPPI,DAVID,LAMQUIN,VERONIQUE
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