Après l’ouragan, le pétrole

Etats-Unis Une gigantesque marée noire menace la Louisiane

Poséidon aurait-il maudit la Louisiane ? Cinq ans après le passage du dévastateur ouragan Katrina, qui avait plongé les villes de son littoral sous les eaux et dans la désolation (plus de 1.800 morts), l’Etat du Sud américain se retrouve à nouveau confronté à une grave menace venant des mers : une monstrueuse nappe de pétrole, menée lentement par le courant et les vagues sur les côtes louisianaises. Récit d’une histoire d’or noir qui devrait faire couler beaucoup d’encre.

« Deepwater Horizon »

Le lundi 20 avril, une forte explosion retentit sur la plateforme pétrolière « Deepwater Horizon », dans le golfe du Mexique. S’ensuit, hydrocarbure oblige, un puissant incendie, donnant des images ahurissantes de flammes ardentes et de fumée noire au milieu de l’océan Atlantique.

Premier bilan, humain : parmi les personnes qui se trouvent au bord de l’imposant édifice de 78 m de large et 121 de long, 17 sont blessées (dont 4 dans un état critique), et 11 sont portées disparues, avec des chances de survie quasi nulles.

Deux jours plus tard, sous les effets conjugués de l’explosion et de l’incendie, la plate-forme pétrolière s’enfonce doucement mais inexorablement sous l’Atlantique, profond à cet endroit de quelque 1.500 mètres. « Deepwater horizon », ironiquement, file regarder les poissons des eaux froides et profondes de l’océan.

Sans oublier, toutefois, de laisser une trace de ses pétrolières et lucratives activités : de l’or noir s’échappe de l’édifice qui contenait 2.600 m3 d’hydrocarbure et affichait (avant l’explosion) une production journalière de 1.270 m3 de pétrole. Aussi, selon la British Petroleum, exploitante de la plateforme et responsable financière, les fuites libèrent chaque jour 159.000 litres de brut.

2,5 fois la Belgique

Conséquence, après plusieurs jours d’écoulement : une nappe de pétrole de presque 1.000 kilomètres de diamètre et d’une superficie de 74.000 km2. Soit 2,5 fois la Belgique ! Une marée noire, très rapidement comparée à celle causée par le naufrage de l’Exxon Valdez qui, en 1989, avait libéré 50 millions de litres de brut dans l’océan.

Sauf que, cette fois-ci, la potentielle victime n’est pas l’Alaska, mais son « frère » du sud, la Louisiane, Etat américain dont les côtes ne se trouvent qu’à 70 km de la plateforme. Aussi, mercredi, l’immense nappe générée par cette dernière ne se trouverait plus qu’à une trentaine de kilomètres du littoral louisianais, hôte d’un écosystème riche mais fragile. Bref, une grave catastrophe environnementale en perspective.

C’est pourquoi les autorités américaines et la compagnie britannique BP s’emploient à colmater les fuites et endiguer la progression vers le littoral de la marée noire. Sans succès probant jusqu’ici. Nonobstant d’importants moyens matériels et financiers (British Petroleum dépense 6 millions de dollars par jour dans l’opération). D’où le choix, mercredi, d’une solution radicale, proportionnelle au danger pour l’écosystème d’une arrivée de pétrole sur les plages : brûler la nappe. Un mal pour un bien.

L’heure est donc, pour le moment, à la gestion de la crise. Bientôt, viendra le temps des responsabilités. Même si, d’ores et déjà, la société pétrolière britannique est sous le feu des critiques : un rapport, publié par le Huntington Post, mettrait en exergue des négligences sur la sécurité.

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