BP : la fuite de pétrole repart de plus belle

Environnement L’entonnoir qui ne captait déjà qu’une partie du brut a été retiré à cause d’une fuite de gaz

Coup dur pour BP, le président américain Barack Obama, et surtout pour l’environnement et les populations riveraines dans le golfe du Mexique. Le responsable des garde-côtes américains a annoncé mercredi midi que l’entonnoir par lequel BP pompait une partie du pétrole qui s’échappe à 1.500 m de profondeur avait dû être retiré. La présence d’une fuite de gaz, provoquée par un robot sous-marin a été repérée et il a fallu ôter le dispositif, laissant ainsi repartir la fuite de plus belle. On doit à la vérité de dire que le pétrole n’a jamais cessé de couler sur le site de l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril dernier. Mais la poursuite de la plus grave pollution que les Etats-Unis aient jamais connue a été (volontairement ?) éclipsée par le coût de la marée noire pour BP, par les péripéties boursières de la compagnie britannique qui a manifestement négligé la sécurité sur sa plate-forme et par le conflit de ses patrons avec le président Obama. Et, après un moratoire sur l’exploitation pétrolière off shore dans le Golfe décidé par l’administration Obama, le débat s’est même déplacé sur le terrain juridico-économique : les autres compagnies pétrolières tentant d’obtenir la levée de ce moratoire.

Pendant ce temps, et malgré les efforts pour pomper un maximum de pétrole, la fuite sous-marine n’a jamais été tarie. A quel point ? Il est toujours difficile de savoir quelle quantité s’échappe du puits. C’est un des éléments du dossier à charge de BP. Les responsables de la compagnie britannique avaient dans un premier temps évoqué une fuite de 1.000 à 5.000 barils/jour, avant qu’officiellement l’évaluation soit fixée à 60.000 barils/jour, soit 9,5 millions de litres. Des scientifiques indépendants estiment que 100.000 barils seraient plus proches de la réalité. Malgré la réussite d’une opération techniquement acrobatique, l’entonnoir de BP n’a jamais réussi à récupérer plus de 20.000 barils par jour. Et encore le pompage connut-il à plusieurs reprises de sérieux ratés. Le retrait du dispositif signe-t-il l’arrêt de mort du pompage dans le Golfe ? Sans doute pas. Une nouvelle tentative de replacer la capsule sur la fuite devait avoir lieu dès hier. Mais le colmatage complet de la fuite ne pourra pas être envisagé à brève échéance. La seule perspective d’en finir vraiment avec l’écoulement réside dans les deux puits parallèles qui sont actuellement en cours de creusement et qui devraient permettre de réduire la pression de la nappe de pétrole et de tarir l’expulsion du brut. Même s’ils sont en avance sur le planning, ces deux puits ne seront pas opérationnels avant le

mois d’août. D’ici là, la catastrophe se poursuivra. Faune, flore, côtes, mangroves, marais, coraux et plages du Golfe et de Floride seront durablement défigurées.

DE MUELENAERE,MICHEL
Cette entrée a été publiée dans Monde. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.