La rédaction sur place pendant une semaine

Kinshasa

De notre envoyée spéciale

Le Soir de Kinshasa a troqué son logo à fond bleu pour un dessous léopard. Qui s’affiche en grand dans les locaux du Potentiel, le principal quotidien de Kinshasa. Où une rédaction mixte belgo-congolaise prépare une édition spéciale du Soir pour ce mardi 29 juin. Les connexions vont-elles tenir la route ? Pierre Kroll va-t-il pouvoir livrer ses caricatures en temps réel ?

Le but ? S’immerger dans la réalité congolaise pour la faire vivre en direct dans douze pages spéciales, aux lecteurs restés à Bruxelles. Cet après-midi, interview d’un parlementaire. Ce soir, cap sur un match de la Coupe du monde dans Bandal, un des quartiers chauds de Kinshasa, cette incroyable mégalopole où les nids-de-poule creusent les routes avec l’appétit d’une mérule. Dans les couloirs du Potentiel, un jeune Anversois en rasta nous interpelle : parlerons-nous de son album, encore au stade de la démo, et de son groupe Droit du fils du pays, qui veut percer à Kinshasa avec son reggae ? Sans doute pas, cette fois, ce sont les Congolais qui ont la priorité.

Philippe De Boeck, Philippe Regnier et Colette Braeckman font équipe avec Bienvenu Bakumanya, Raymonde Senga et Ben Clet Kandonde.

Echanges d’adresses, immersion kinoise, échanges de textes : c’est une photo de Roger Milutin, notre photographe qui illustre ce matin la marche des militants des droits humains sur le boulevard du 30 Juin, à la une du Potentiel. Les rédacteurs en chef des deux quotidiens affinent le contenu page par page de ce Soir de Kinshasa, dont nombre de textes seront également publiés dans le Potentiel.

Après l’opération Nord-Sud « Standaard – Le Soir » qui leur a permis de cerner au plus près les réalités flamande et francophone avant une élection communautaire à gros enjeux, la rédaction du Soir veut donner à ses lecteurs l’occasion de s’immerger profondément dans la réalité congolaise. Pas uniquement celle des commémorations historiques. Mais celle de la rue, de ces milliers d’habitants de Kinshasa qui, à deux jours des fêtes de l’indépendance, se sentent peu concernés par ces réjouissances qui n’arrivent pas à les distraire d’un quotidien d’une dureté et d’une incertitude profondes.

Une coupure d’électricité soudaine met Le Potentiel et ses nouveaux journalistes belges à l’arrêt. Ce matin, c’est l’eau qui était absente des canalisations de l’hôtel Ave Maria, notre QG au cœur de la Gombe, quartier des affaires et des commerces. Le Congo reste un pays à construire, 50 ans plus tard.

L’excitation médiatique est, elle, palpable. Costume bleu pimpant, chemise – et cravate, toujours en vogue ici à Kin – Adam Shemisi, rédacteur en chef de Télé 7, la télé du Potentiel (le groupe s’est aussi mis au multimédia) part à la chasse aux équipes de France 24, TV5, RFI, RTL, qui ont envahi Kin. Passage obligé par le Memling, l’hôtel historique de la ville, autrefois possession de la Sabena, qui abrite les méga-équipes de la RTBF, prêtes pour leurs 24 heures congolaises du mardi 29 juin, orchestrées autour de directs télé et radio. Le JT sera diffusé en direct du toit du Memling.

Le Soir de Kinshasa se fond dans la nuit congolaise, fasciné par cette mégalopole folle, qui envoûte et inquiète autant les Congolais qui n’y sont pas nés que les étrangers qui la découvrent. Vibrante, violente, chaude, rigolarde : Kinshasa vous donne rendez-vous mardi, dans ces pages.

DELVAUX,BEATRICE
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