Rafael Nadal, seul sur gazon aussi

Wimbledon

De notre envoyé spécial

Mercredi dernier, dans la foulée de son élimination par Tomas Berdych en quart de finale, Roger Federer avait clairement laissé entendre qu’enfin en vacances pour deux semaines, il ne regarderait certainement pas la finale – l première disputée en son absence depuis 2003 ! On ne sait si l’homme aux 16 titres de Grand Chelem a « craqué » dimanche après-midi. Mais on espère que non. Car même si ses propos avaient été interprétés comme ceux d’un « mauvais perdant aigri », on aurait sans doute été bien inspiré de les suivre…

Comme samedi à l’occasion de la finale féminine expédiée en 1 h 11 par une Serena Williams impériale, Rafael Nadal a mis à peine une heure de plus (2 h 13) pour remballer

en trois sets (6-3, 7-5, 6-4) un Tomas Berdych à peine plus convaincant que Vera Zvonareva la veille. La déception ne vient certainement pas de l’Américaine ou de l’Espagnol qui, déterminés à l’extrême, ont tous deux joué à un très haut niveau. La déception vient plutôt des deux joueurs qui leur étaient opposés et qui, après avoir réussi l’un ou l’autre exploit pour en arriver là – élimination de Federer pour le Tchèque, victoires sur Jankovic et Clijsters pour la Russe – s’avérèrent tous deux bien trop courts face aux monstres sacrés que sont Serena Williams et Rafael Nadal.

Tandis que ce dernier pouvait légitimement fêter avec fracas la conquête de son huitième titre de Grand Chelem – le deuxième à Wimbledon –, Tomas Berdych ne pouvait que constater son incapacité à contrer l’incontestable nº1 actuel… « Il était trop fort », souffla le Tchèque, fatalement déçu de ne pas avoir pu montrer plus beau tennis après avoir témoigné d’une grande assurance avant le début de la partie. « La plus grande différence entre lui et moi, c’est que quand il a une chance, il la prend ! Moi, j’en ai eu dans le premier et le deuxième set, je ne les ai pas prises… »

Avec pour étayer ce constat, une statistique cinglante : 4 balles de break sur 0 converties par l’Espagnol, 0 sur 4 pour le Tchèque. « Il joue de manière plus agressive sur gazon et ça le rend très dangereux. Il a très peu de points faibles, c’est difficile de trouver une bonne tactique », poursuivait celui dont le service fut une arme moins redoutable qu’en début de tournoi. « Mon plan était de me concentrer sur chaque point, de prendre un bon départ et de saisir mes chances, mais ça n’a pas marché… »

Interrogé sur le fait qu’avoir battu Federer et pas Nadal prouvait en quelque sorte que l’Espagnol était devenu meilleur que le Suisse, Tomas Berdych ne tourna pas autour du pot : « Le classement est clair à ce sujet… »

Et en effet, redevenu nº1 au lendemain de son succès parisien, désormais nanti de près de 4.000 points d’avance – la valeur de deux victoires en Grand Chelem – sur… Novak Djokovic, Rafael Nadal est déjà presque assuré de finir la saison en tête de la hiérarchie mondiale. Quant à sa huitième victoire en Grand Chelem, elle le place à 24 ans « en avance de deux succès » par rapport au tableau de marche de Roger Federer au même âge. Elle est pas belle la vie ? « Je ne pense pas à ça !, ponctua avec pudeur Rafael Nadal. Huit Grands Chelems, c’est déjà plus que ce que j’imaginais dans mes plus beaux rêves. »

WILMOTTE,THIERRY
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