Cette Coupe, l’Espagne la mérite mille fois !

Finale Un match décevant, décidé durant les prolongations

Johannesburg

De notre envoyé spécial

Et à la fin, c’est toujours le meilleur qui gagne. Et donc, l’Espagne a gagné. Deux ans après avoir remporté le championnat d’Europe à Vienne, la « Roja » a conquis la Coupe du monde, dimanche soir, à Soccer City, l’immense stade de Johannesburg, au terme d’une finale de bien piètre qualité qui s’est décidée durant la prolongation grâce à un but d’Andres Iniesta à la 116e minute.

Personne ne méritait plus ce succès que l’Espagne, une équipe magnifique qui domine son sujet depuis trois ans (2 défaites en 55 matchs !) et qui développe un football positif, ce qui est particulièrement rare par les temps qui courent. Et en particulier dans ce Mondial qui a été mieux organisé que beaucoup que le craignaient mais qui n’a pas tenu ses promesses – ou en tout cas trop rarement – sur la pelouse.

A l’image de cette finale, décevante, donc, à cause d’une tactique néerlandaise particulièrement agressive. La consigne de van Marwijk était claire : faire des fautes pour casser le rythme espagnol. Conclusion : la plus mauvaise finale depuis longtemps, avec 47 fautes sifflées, 14 cartons jaunes et 1 rouge. Mais la tactique néerlandaise a bien failli fonctionner, pourtant, puisque l’Espagne n’a pas eu son rendement habituel, malgré une domination d’ensemble et quelques grosses occasions. La Roja, à l’image du Brésil en quart de finale, a quelque peu été déstabilisée en seconde période. Et il a fallu un Casillas des grands jours pour empêcher Robben de réaliser le hold-up parfait.

Au bout du compte, cependant, ce sont donc bien les Espagnols qui ont émergé. Via un but libérateur d’Andres Iniesta, le génie de Barcelone, à la 116e minute. Un but de sang-froid, qui emmenait l’Espagne entière au septième ciel et qui faisait couler les larmes de bonheur sur les joues d’Iker Casillas. Comme quoi parfois, il y a une justice dans le football. Et même si la finale fut indigne du spectacle qu’on était en droit d’attendre des deux équipes, personne ne contestera la présence de l’Espagne sur le trophée la Coupe du monde aux côtés de sept autres grandes nations du football. Il était d’ailleurs curieux que la « Roja » n’ait jamais davantage brillé durant le Mondial. Mais, malgré des générations exceptionnelles, il a fallu attendre 2007 pour que l’équipe nationale crée un vrai groupe uni, au-delà des individualités et des conflits entre le Real et Barcelone. Aujourd’hui, l’Espagne vit sur son nuage, avec une équipe de stars qui, toutes, sont capables d’oublier leur statut pour le bien collectif. Une équipe solide (7 titulaires de plus de 50 sélections) qui peut se passer de Fabregas ou de Torres sans problème et qui n’a pris que 2 buts en 7 rencontres en Afrique du Sud. Une équipe au sommet de son art, mais vu le puits sans fond que constitue le vivier du football espagnol, on se dit que la « Roja » a un avenir aussi radieux que ne l’est son

présent. Dimanche soir, Casillas et ses équipiers sont restés longtemps, très longtemps après la remise du trophée, sur la pelouse du plus grand stade d’Afrique, tout occupés à leur bonheur, au rêve d’une carrière qui est devenu réalité. Alors que les Néerlandais, qui ont perdu leur troisième finale après 1974 et 1978, étaient déjà rentrés, têtes basses, dans le vestiaire. Euro 2008-Mondial 2010 : on s’incline devant les champions du monde. Et on dit tout simplement : chapeau !

BERTI,CHRISTOPHE
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