Sept banques recalées au grand oral européen

Dexia et KBC ne comptent pas parmi les maillons faibles du secteur bancaire européen (lire ci-contre). Pas plus que BNP Paribas, la maison mère de BNP Paribas Fortis. Ni la néerlandaise ING. Soulagement donc à Bruxelles, comme dans la plupart des capitales européennes. Puisque seules sept banques, sur les 91 institutions européennes les plus importantes, ont reçu un carton rouge : cinq caisses d’épargne espagnoles (Diada, Unnim, Espiga, Banca Civica et Cajasur, qui avait été renflouée par la Banque d’Espagne en mai), la banque grecque ATE, et l’allemande Hypo Real Estate, nationalisée l’an dernier.

Vendredi, sur le coup de 18 heures, après la clôture des marchés boursiers européens, restés hésitants tout au long de la journée, le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS) a en effet rendu publics les résultats très attendus des « stress tests » effectués sur 91 banques européennes (représentant 65 % du marché bancaire de l’Union) afin d’évaluer leur résistance dans l’hypothèse d’une rechute de la croissance économique en Europe – un « double dip », comme disent les économistes anglo-saxons.

En mai 2009, le CEBS avait déjà reçu mandat de soumettre 22 banques européennes à un test similaire. A l’époque, aucun établissement n’avait échoué. Mais les résultats n’avaient pas été publiés de manière individualisée. La publication des résultats banque par banque est donc une première en Europe. La décision a été prise en juin. Après moult débats entre les différents régulateurs bancaires européens (lire ci-dessous), elle a été jugée inévitable afin de réinsuffler de la confiance dans le système.

Le fait que la plupart des banques aient passé le test avec succès est présenté comme une bonne nouvelle – « cela confirme la résistance générale » du secteur, a commenté l’Union européenne. Mais cela pourrait être interprété comme le signe d’un examen trop complaisant.

Les tests auxquels les banques ont été soumises, et qui ne sont pas, il faut le souligner, des prévisions, prennent en compte deux scénarios « noirs » : le premier est celui d’une récession sévère. Le second y ajoute en plus une crise sur les obligations d’Etat, comme en mai dernier. L’hypothèse de la faillite d’un Etat n’a toutefois pas été prise en compte.

Un exercice similaire avait été organisé en mai 2009 aux Etats-Unis. Les 19 principales banques étaient concernées ; et dix d’entre elles avaient été sommées de lever des fonds pour renforcer leur capital.

Mais entre les stress tests américains d’il y a plus d’un an et les européens aujourd’hui, le contexte a changé. Les banques européennes ont recommencé à engranger des bénéfices et à reconstituer leurs réserves. Et le secteur bancaire européen, à la différence des banques américaines, a bénéficié d’importants programmes de soutien mis en œuvre par les Etats (pour un montant total de 236 milliards d’euros depuis octobre 2008). « Les résultats des tests (…) reflètent les efforts entrepris au cours des dernières années par les banques et certains gouvernements en vue de rétablir la confiance », a commenté Didier Reynders, ministre belge des Finances, qui préside actuellement le Conseil Ecofin. Il a également rappelé que les Etats membres s’étaient engagés à prendre les mesures nécessaires pour soutenir leurs banques qui échoueraient aux tests. Selon le CEBS, les sept banques concernées doivent augmenter leurs fonds propres pour un total de 3,5 milliards d’euros.

Reste à savoir si les analystes jugeront le scénario « noir » suffisamment « stressant ». Les marchés répondront lundi.

DOMINIQUE BERNS
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