Les JOJ, l’antichambre des « vrais » Jeux

Les premiers Jeux olympiques de la Jeunesse s’ouvrent ce samedi à Singapour.
Une étape capitale dans la stratégie du CIO et de son président Jacques Rogge.

Ça a le goût des Jeux olympiques, la couleur des Jeux olympiques, mais ce ne sont pas (encore tout à fait) des Jeux olympiques. Quoique… Pour quelque 3.600 athlètes – dont 51 belges – âgés de 14 à 18 ans venus de 205 endroits du globe, les cinq anneaux qui flotteront sur Singapour à partir de ce samedi et jusqu’au 26 août, auront une saveur particulière. Tous auront, en effet, l’honneur de prendre part aux premiers Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), le dernier projet du Comité international olympique (CIO), censé imprimer un nouvel élan à sa stratégie de (re)conquête des ados, à la fois pour les encourager à faire plus de sport pour des raisons de santé et les sensibiliser à la puissance des JO, concurrencés par d’autres sources de divertissement. Entre autres, car ces « mini-Jeux » représenteront beaucoup d’autres choses…

Comment est née l’idée des JOJ ?

Affirmer que cette compétition est le « bébé » de Jacques Rogge est un poncif. Le président du CIO n’a pas attendu son arrivée à Lausanne pour être interpellé par la problématique de la condition physique chancelante des jeunes. Dès la prise de ses premières responsabilités dans le monde olympique, lorsqu’il est devenu, en 1989, président du Comité olympique et interfédéral belge (COIB), le Gantois avait été bousculé par les conclusions d’une enquête, un « livre blanc », qui montrait l’état de décrépitude physique de la jeunesse du pays. Du coup, à partir de là, une bonne partie de ses actions a visé à tenter d’inverser cette tendance. A l’époque président des comités olympiques européens, c’est lui qui, en 1991, a été à la base de la création du Festival olympique de la Jeunesse européenne (FOJE), dont la première édition a eu lieu à Bruxelles, et qui peut être considéré comme l’ancêtre (ou le petit frère) des JOJ. Devenu membre du CIO la même année, puis son président en 2001, Rogge a également encouragé la modernisation du programme olympique avec l’arrivée de nouveaux sports ou de nouvelles disciplines censés attirer un nouveau public. Avec les JOJ, un projet qu’il a mis du temps à imposer aux membres du CIO, qui l’ont finalement adopté à l’unanimité lors de la session de Guatemala City en 2007, c’est la dernière pierre à son édifice qu’il a posée.

Avec la lutte contre le dopage et le gigantisme des Jeux, ce projet, largement financé par le CIO qui paie le déplacement et le logement de tous les participants, devrait être l’un des principaux jalons de sa présidence qui s’achèvera en 2013.

Comment ça se passe ?

Si les Jeux olympiques de la Jeunesse sont considérés comme des Jeux en miniature, c’est avant tout parce qu’ils auront lieu tous les quatre ans (JOJ d’été et JOJ d’hiver) ; qu’ils regroupent les mêmes 26 sports que le programme olympique ; que les athlètes sont regroupés dans un village (où ils resteront du début à la fin des Jeux) ; et qu’ils s’adressent à tous les comités nationaux olympiques qui ont effectué une sélection drastique, imposée par les critères des fédérations internationales, avant d’y envoyer leurs meilleurs athlètes. Mais la comparaison s’arrête là. Pour ne pas exacerber l’aspect compétitif, les JOJ ne proposeront pas de classement des médailles (même si celles-ci seront attribuées aux trois premiers de chaque épreuve) et certains sports adopteront un format inhabituel. Ainsi, en aviron, les épreuves se disputeront sur 1.000 m au lieu des 2.000 m habituels ; en kayak, on ne pagaiera pas en ligne droite mais sur un parcours sinueux plus « fun » ; en judo, une compétition par équipes continentales sera organisée dans la foulée du tournoi individuel ; en équitation, les chevaux sont fournis par l’organisation et attribués aux cavaliers par tirage au sort ; etc. De plus, un volet « éducation » sera mis sur pied avec des séminaires où on parlera mouvement olympique, dopage, alimentation, hygiène, alimentation, environnement. Des « meet and greet » sont également prévus avec les prestigieux parrains de ces JOJ, Serguei Bubka, Yelena Isinbayeva et Michael Phelps.

Et les Belges ?

Avec 51 athlètes venant de 15 sports différents, le COIB aura l’une des délégations les plus importantes à Singapour. La plupart de ces jeunes sont issus du projet « Be Gold », cofinancé par le fédéral, les communautés et le COIB, et censé les préparer dans les meilleures conditions pour les Jeux olympiques de 2016 et/ou 2020. Bon nombre d’entre eux étaient déjà présents, l’an dernier au Festival olympique de la Jeunesse européenne à Tampere (Finlande), d’où ils avaient ramené 19 médailles. Même si la plupart sont partis avec l’ambition de décrocher une breloque, il est évidemment difficile d’émettre le moindre pronostic quant à leurs chances réelles puisqu’on ne connaît pas la valeur de la concurrence. On remarquera tout juste que bon sang ne peut mentir dans cette équipe où on retrouve, entre autres, les hockeyeurs Dimitri Cuvelier et Thomas Van der Gracht, fils respectifs de Bernard Cuvelier et Danny Van der Gracht, anciens internationaux ; la nageuse Sarah Wégria, fille de l’ex-footballeur Bernard Wégria et de l’ondine Anne Bonvoisin ; le judoka Toma Nikiforov, fils de l’ex-international bulgare du Crossing Schaerbeek Nikolay Nikiforov ; et le cavalier Nicola Philippaerts, l’un des jumeaux de Ludo Philippaerts, qui a pris part à quatre Jeux olympiques entre 1992 et 2000. Avec de tels antécédents, ils partent avec un quinze d’avance !

LA SÉLECTION BELGE

ATHLÉTISME

Garçons. Arnaud Art (perche), Bram Ghuys (hauteur)

AVIRON

Garçons. Jean-Benoît Valschaerts (skiff).

Filles. Eveline Peleman (skiff).

CANOË-KAYAK

Filles. Hermien Pieters (K1).

CYCLISME

Garçons. Mattias Somers (BMX, route), Laurens Sweeck (VTT, route), Boris Vallée (contre-la-montre, route).

Filles. Tori Van de Perre (BMX, VTT, contre-la-montre).

GYMNASTIQUE

Garçons. Thomas Neuteleers.

Filles. Eline Vandersteen.

HOCKEY

Garçons. Quentin Bigare, Mathew Cobbaert, Dimitri Cuvelier, Nicolas De Kerpel, Bjorn Delmoitié, Arno Devreker, Matthias Dubois, Arnaud Flamand, Alexander Hendrickx, Antoine Legrain, Gaëtan Perez, Louis Rombouts, Dorian Thiéry, Benjamin Van Dam, Arthur Van Doren, Thomas Van der Gracht.

JUDO

Garçons. Toma Nikiforov (- 90 kg).

Filles. Lola Mansour (- 78 kg).

NATATION

Garçons. Bastien Soret (100 et 200 m dos, 200 m 4 nages).

Filles. Jolien Vermeylen (100 et 200 m brasse, 100 m papillon, 200 m 4 nages), Sarah Wégria (50, 100 et 200 m libre).

SPORTS ÉQUESTRES

Garçons. Nicola Philippaerts (sauts d’obstacles).

TENNIS

Filles. An-Sophie Mestach.

TENNIS DE TABLE

Garçons. Emilien Vanrossome.

TIR À L’ARC

Filles. Zoé Gobbels.

TRIATHLON

Garçons. Thomas Jurgens.

Filles. Charlotte Deldaele.

VOILE

Filles. Andrea Vanhoorne (planche à voile).

VOLLEY-BALL

Filles. Delfien Brugman, Valérie El Houssine, Mira Juwet, Laura Heyrman, Laurine Klinkenberg, Tara Lauwers, Lotte Penders, Elien Ruysschaert, Ilka Van de Vyver, Lore Van den Vonder, Sophie Van Nimmen, Karolien Vleugels.

VANDE WEYER,PHILIPPE
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