Fin de mission pour Elio Di Rupo ?

Elio Di Rupo se rendra au Palais ce mercredi à 15 h 30. Pour dire quoi ? Les négociateurs s’étant engagés à « l’extrême discrétion », le silence radio était plus que jamais de rigueur mardi soir.

En début de soirée, circulait toutefois l’idée que le préformateur demanderait au Roi, lors d’un rapport intermédiaire, de prolonger sa mission de quelques jours. Mais quelques heures plus tard, il nous revenait au contraire qu’Elio Di Rupo ne serait pas demandeur de continuer sa mission. Parce que, malgré des avancées importantes en matière de transfert de compétences, un parti (la N-VA) ne marque toujours pas son accord sur le périmètre de la réforme de l’Etat proposé par le préformateur. Or, ce périmètre a largement intégré les exigences flamandes tout en préservant les fondamentaux francophones (s’y retrouvent ainsi 15,5 milliards de transferts, mais aussi le maintien de la solidarité interpersonnelle).

Fumée noire ? Mardi, Elio Di Rupo et Bart De Wever se sont longuement rencontrés. Objectif évident : obtenir la certitude de la volonté réelle de la N-VA d’aboutir à un accord. Car depuis fin juillet, les négociateurs francophones, voire certains flamands, doutent de la stratégie de Bart De Wever. Et ces derniers jours, les nationalistes flamands n’ont d’abord accepté que du bout des lèvres les chapitres de la réforme de l’Etat, avant de se rétracter ; puis ils ont imposé une nouvelle revendication : la révision de la loi de financement. Une attitude qui a alimenté, dans le camp francophone, les craintes quant à une stratégie du pourrissement de la N-VA.

Voilà sans doute pourquoi Elio Di Rupo devrait confier cet après-midi au Roi son sentiment d’échec, faute de confiance en la sincérité de la N-VA de boucler un compromis communautaire. Que fera le Roi ? Il pourrait réserver sa décision, plutôt que d’accepter immédiatement la fin de la mission de préformation de Di Rupo. Rien n’est évidemment sûr à cette heure.

La journée de mardi fut d’ailleurs une nouvelle fois étonnante. Ainsi, c’est par la presse que la présidente du CDH Joëlle Milquet a appris la visite du préformateur chez le Roi. Et au CD&V, on assurait mercredi en début de soirée n’avoir aucune information, pas même un écho de la rencontre entre Elio Di Rupo et Bart De Wever, ni reçu la moindre question (genre : acceptez-vous le paquet sur la table ?).

Mardi, les présidents du PS et de la N-VA s’étaient longuement rencontrés. Puis les nationalistes ont réuni leur groupe Stratego, tandis que les francophones se voyaient entre eux. Sans aboutir donc. Il est vrai que depuis dimanche soir, on a plusieurs fois frôlé l’échec. Même si des progrès importants ont aussi été engrangés. La note d’une cinquantaine de pages d’Elio Di Rupo en atteste. Mais il restait encore des dossiers à déminer : BHV, la loi de financement – sachant que remodeler l’ossature des finances publiques (lire page 4) va de pair avec la nécessité de les assainir – il faut toujours trouver 25 milliards à l’horizon 2015. Sans oublier la composition du futur gouvernement : aux dernières nouvelles, la porte du gouvernement était « toujours ouverte » aux verts. Lesquels répétaient qu’ils ne monteraient qu’ensemble dans un gouvernement fédéral. « Et pas pour faire de la figuration » – traduction : il faut un ministre pour Groen. On n’en est apparemment plus là…

LAMQUIN,VERONIQUE
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