Syndicats et culturels contre la N-VA

Le syndicat socialiste de Rudy De Leeuw lance une campagne frontale contre les nationalistes de la N-VA – lire ci-contre. Il dénonce leur pensée unique, pourfend le programme de droite des troupes de Bart De Wever qualifiées de fossoyeurs du modèle social belge. Ce n’est pas la première fois qu’une organisation syndicale torpille ainsi la N-VA. A trois semaines des dernières élections, Luc Cortebeeck, responsable du syndicat chrétien, s’était risqué à donner une consigne de vote à ses sympathisants : « Votez CD&V, SP.A, Groen ou même éventuellement VLD, mais de grâce, surtout pas N-VA. » Un appel suivi, le 13 juin, par le flop intégral que l’on sait.

Mais la fronde anti-N-VA ne se circonscrit pas aux rangs syndicaux tétanisés par la montée en puissance des nationalistes flamands et les risques de concrétisation d’un programme qui menace à leurs yeux de faire éclater les liens de solidarité. Le monde culturel (lire page 3) aussi a le bourdon et rejette le discours sur l’identité flamande, comme si l’autre, la belge, était maudite et hors la loi. Plus largement, l’appel des deux cents artistes du nord du pays dénonce l’agenda antisocial de la N-VA, son repli sur des communautés culturelles de plus en plus minuscules et son rejet de la solidarité.

Que retenir de ces deux vagues de critiques contre le parti de Bart De Wever ? D’abord qu’elle ne constitue pas une lame de fond anti-N-VA. Dans une chronique au Morgen, l’humoriste Bert Kruismans concédait vendredi ne connaître que 2 % des signataires. Mais, surtout, regrettait qu’aucun francophone n’avait été invité à signer l’appel. Et de conclure, à la manière de De Wever : « Quod erat demonstrandum… » Ou CQFD : le fossé culturel entre les deux communautés est en effet très profond.

Pour le reste, si l’on peut se réjouir des mises en garde flamandes à l’égard des aspirations les plus égoïstes contenues dans le programme N-VA, elles n’en restent pas moins marginales. Et « contre-productives », selon Herman De Croo, le chef de groupe VLD à la Chambre. Quant à la N-VA, elle se gausse : « Que l’action commune socialiste choisisse la carte francophone ne surprend personne », persifle-t-elle dans un communiqué.

VANOVERBEKE,DIRK
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