Duquesne était l’autre « Duc »

Partis Ancien ministre et président du MR, il avait quitté la politique en 2006

Antoine Duquesne est décédé jeudi matin à l’âge de 69 ans. Il avait été victime d’un grave accident vasculaire cérébral le 1er mars 2006 et était hémiplégique depuis cette date.

Né à Ixelles le 3 février 1941, Antoine Duquesne était licencié en droit de l’Université de Liège. Il a été avocat au barreau de Liège, à celui de Marche ensuite. Il aura pour associé, au sein d’un cabinet d’avocats, un certain Jean Gol, dont il deviendra un proche.

Antoine Duquesne entre en politique comme chef de cabinet de divers ministres libéraux (au Secrétariat d’Etat aux Réformes institutionnelles en 1973, aux Classes moyennes en 1974-1976, etc.). Il dirigera aussi le cabinet de Jean Gol quand celui-ci était ministre de la Justice, entre 1981 et 1987.

En 1987, Jean Gol le sort de l’ombre et lui offre un premier poste ministériel : Antoine Duquesne est appelé à remplacer André Damseaux à l’Education nationale. Cette première expérience ministérielle est brève. Elle s’achève en 1988, quand la coalition socialiste-chrétienne, scellée aux élections de décembre 1987, éjecte le PRL dans l’opposition.

A l’époque, le PRL est présidé par Louis Michel. Jean Gol n’étant plus ministre, il fera bientôt valoir que la présidence du parti doit lui revenir. On est en 1990. Louis Michel cède, et se dit prêt à passer la main. Mais la perspective d’un retour de Gol à la présidence agace le clan Michel, et singulièrement Daniel Ducarme. Celui-ci se déclare candidat à la présidence. Jean Gol ne désirant pas se jeter personnellement dans la bagarre, il « pousse » Antoine Duquesne à solliciter la direction du parti. L’affaire se conclut par une formule de compromis, par l’avènement d’une présidence… bicéphale, formée de Ducarme et Duquesne. Bancale, cacophonique, l’expérience des deux « Ducs » ne durera pas longtemps. Les législatives de 1991, catastrophiques pour les libéraux, offrent à Jean Gol l’argument pour reprendre la présidence (on est en 1992) et sans discussion cette fois.

Fin des années 80, ce Bruxellois amoureux de l’Ardenne s’était établi définitivement dans le village de Harre (Manhay), dans la province de Luxembourg. « Quelques années plus tôt, il avait acheté une maison de campagne. Il s’est présenté aux élections là-bas et est passé de l’ombre à la lumière », se souvient son fils, Renaud Duquesne, aujourd’hui conseiller communal MR à Marche-en-Famenne.

Elu député fédéral en 1991, puis bourgmestre de Manhay en 1995, Antoine Duquesne revient aux avant-postes en 1999, quand les libéraux remontent au pouvoir, dans la configuration arc-en-ciel (libéraux, socialistes, écologistes).

Antoine Duquesne est nommé ministre de l’Intérieur. Pendant ce mandat, il portera deux des dossiers les plus lourds de la législature : réforme des polices, politique d’asile. A ce ministère très exposé, il se révèle bosseur et pugnace – raide, dira-t-on à gauche.

L’expérience ministérielle s’arrête aux élections législatives de 2003. Antoine Duquesne reviendra à la présidence du PRL-MR. Là encore, l’aventure sera brève. Esquinté aux élections régionales de juin 2004, le parti se fait éjecter des pouvoirs régionaux. Il entre en crise. Duquesne fait office de fusible. Il paie l’envoi du parti dans l’opposition au niveau des Régions.

Antoine Duquesne passe la main en octobre 2004, à Didier Reynders et se replie à Strasbourg, où il siège comme député européen. Une fonction qu’il occupera officiellement jusqu’aux élections de 2009, malgré les démarches entreprises par sa famille et le MR après son accident vasculaire cérébral de 2006 : selon le règlement intérieur du Parlement européen, Antoine Duquesne aurait en effet dû signer lui-même sa lettre de démission. Un acte que la paralysie dont il était affecté l’a empêché de réaliser.

DRUEZ,NICOLAS,BOUILLON,PIERRE
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