Israël réédite « Another brick in the wall »

Proche-Orient Construction d’une nouvelle muraille fortifiée afin d’empêcher l’afflux d’immigrés africains transitant par l’Egypte

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Des dizaines d’ingénieurs accompagnés d’ouvriers et de bulldozers supervisés par le ministère israélien de la Défense ont entamé lundi la construction d’une « barrière de séparation » le long de la frontière séparant Israël de l’Egypte.

Envisagée de longue date, la construction de cet ouvrage coûtera au moins 300 millions d’euros. Le premier chantier s’étendra sur 150 km. Un deuxième tronçon de 100 km lui sera ensuite ajouté. Pour ce que l’on en sait, l’obstacle ne se présentera pas sous la forme d’un mur de béton mais comme une barrière électronique truffée de senseurs et de caméras de surveillance.

De l’aveu même des dirigeants israéliens, l’ouvrage n’aura pas pour mission de stopper d’éventuelles infiltrations terroristes mais d’empêcher les réfugiés africains de s’installer clandestinement dans l’Etat hébreu. « Ces gens-là représentent un danger existentiel pour notre pays », a déclaré le ministre de l’Intérieur Elie Yshaï qui les avait, par le passé, déjà accusés de « véhiculer le sida, la drogue, la prostitution qui gangrènent notre jeunesse ».

En l’an 2000, on ne trouvait que quelques centaines d’Africains en séjour illégal en Israël. Mais, depuis lors, au gré des conflits qui ont ravagé le continent noir, des milliers de réfugiés ont fui le Darfour, l’Ethiopie, la Côte d’Ivoire et même le Congo pour chercher fortune dans l’Etat hébreu.

Outre la station balnéaire d’Eilat où des centaines d’entre eux sont employés à bas prix par le secteur hôtelier, on trouve désormais des réfugiés dans toutes les villes israéliennes. Y compris dans les quartiers pauvres du sud de Tel-Aviv où les plus jeunes constituent une main d’œuvre docile.

« On peut les voir tous les matins sur les trottoirs. Ils attendent d’être recrutés à la journée par des entrepreneurs en construction qui les paient 20 euros pour quinze heures de travail sous le soleil, sans avoir le droit à la moindre pause », affirme une responsable de Kav La Oved, une ONG israélienne.

Selon les estimations du ministère de la Défense, un millier de clandestins passeraient la frontière israélo-égyptienne chaque semaine. En 2009, la police israélienne en a contrôlé 4.341. Entre janvier et novembre 2010, ce chiffre est passé à 10.588.

DUMONT,SERGE
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