Pont mortel : 380 victimes

Cambodge D’incroyables bousculades dans la foule

Le Cambodge panse ses plaies. Trois millions de personnes participaient à la fête de l’eau. Plusieurs centaines sont mortes sur un pont étroit, écrasées par d’autres. © afp.

Des Cambodgiens hagards tentaient mardi d’identifier leurs proches dans des morgues érigées à la hâte à Phnom Penh, au lendemain de la mort de près de 380 personnes dans une gigantesque bousculade, au terme d’un festival traditionnel. De brusques mouvements de foule ont piégé des centaines de personnes sur un pont qui relie la capitale à l’île aux Diamants, sur le Mékong.

Selon un porte-parole du gouvernement, Phay Siphan, 378 personnes ont été tuées et 755 blessées, dont une majorité de femmes. Aucune victime étrangère n’a été pour l’instant identifiée, mais le bilan était encore provisoire. Les causes de la catastrophe ne sont pas encore clairement identifiées mais une rumeur s’est semble-t-il propagée selon laquelle le pont n’était pas stable. « Alors la panique a commencé. Il y avait trop de monde et ils n’avaient nulle part où aller », a indiqué Khieu Kanharith, un autre porte-parole.

La télévision a diffusé des images cauchemardesques de personnes entassées les unes sur les autres, certaines encore vivantes et se débattant pour se dégager, d’autres inanimées.

Des gens à l’eau, mais pas d’électrocution

« Nous étions en train de traverser le pont lorsque les gens ont commencé à pousser de l’autre côté. Il y avait beaucoup de cris et de panique, a raconté Kruon Hay, 23 ans. Les gens ont commencé à courir et ils tombaient les uns sur les autres. Je suis tombé moi aussi. Je n’ai survécu que parce que d’autres gens m’ont relevé. Beaucoup de gens ont sauté dans l’eau. »

Des témoins ont affirmé que des victimes s’étaient agrippées à des fils électriques. Mais un médecin a écarté l’hypothèse de l’électrocution : « Il semble qu’elles aient manqué d’oxygène. »

Le pont, dont la police a interdit l’accès mardi, était toujours jonché de tongs, vêtements, bouteilles d’eau abandonnés dans la panique. « Maintenant, nous devons identifier les corps », a ajouté Khieu Kanharith, en précisant que des recherches d’éventuels noyés seraient effectuées autour du pont. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant l’hôpital Calmette de la capitale pour tenter de retrouver ou d’identifier leurs proches. Une tente blanche montée sur le parking abritait des rangées de corps dont les policiers prenaient empreintes et clichés. Environ 60 % des corps entreposés là ont été identifiés, selon un responsable des secours. Sept autres établissements de la ville ont dû accueillir des cadavres.

Des camions militaires commençaient par ailleurs à ramener dans leurs villages les dépouilles des victimes venues de province pour participer à la fête. Des Cambodgiens se pressaient autour des morgues, passant frénétiquement des appels téléphoniques en décrivant les vêtements des victimes, dont les visages découverts laissaient souvent apparaître des ecchymoses. (afp)

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