Un ovni dans l’arène des netbooks

Informatique Le MacBook Air 2010, une réussite

Il fallait voir la moue dédaigneuse de Steve Jobs pressé de questions, début 2009, alors qu’explosaient les ventes de netbooks. Pour le patron d’Apple, ces petits ordinateurs portables bon marché avaient beau s’écouler par millions, ils ne valaient selon lui pas tripette. Mauvais écrans, batteries anémiques, ces machines n’étaient bonnes qu’à s’abîmer les yeux et à se tordre les doigts en surfant sur un coin de canapé, à portée de la prochaine prise.

Si Steve Jobs l’avait saumâtre en ce printemps 2009, ce n’était pas seulement parce que le taïwanais Asus lui taillait des croupières sur ce marché dont personne n’avait mesuré le potentiel. C’est aussi qu’Apple sortait d’un cuisant échec.

Avec la première mouture de son MacBook Air, sortie en février 2008, la marque à la pomme avait péché par orgueil. Propulsée hors catégorie par un tarif stratosphérique, la machine certes ultrafine mais trop peu puissante n’avait pas séduit au-delà du cercle des mordus plus qu’aisés.

Il a fallu presque deux ans et demi pour qu’Apple ose revenir sur ce terrain. Et cette fois, le pavé atterrit en plein dans la mare : la mouture 2010 du MacBook Air est une réussite.

Entendons-nous, la bête reste chère. Comptez 999 euros pour la version 11 pouces d’entrée de gamme, 1.149 euros pour un modèle 11 pouces plus cossu et jusqu’à 1.599 euros pour la version 13 pouces la plus costaude. Mais, malgré ces tarifs un peu raides, le Mac offre enfin des avantages susceptibles de faire pencher la balance en sa faveur. Son dessin extrafin et son poids plume en font une machine sans équivalent, au moins dans la forme. L’écran, moins brillant que celui des MacBook Pro, est l’un des meilleurs sur le marché. Il reste bien lisible au soleil, se rabat sur un vrai clavier plein format et un grand trackpad soyeux et confortable. Pour un usage quotidien mêlant surf et bureautique, la batterie tient facilement six heures. Démarrage à froid : 14 secondes.

Outre ces premiers émois, que vaut donc ce Mac face à des machines moitié moins chères ? Steve Jobs s’est-il abaissé jusqu’à répondre à la concurrence ? La réponse est oui. Leçon du face-à-face : lorsque le Mac descend dans l’arène, ne reste plus aux netbooks que le seul avantage du tarif à la taïwanaise.

En sortant de la catégorie des netbooks pour rejoindre celle des ultraportables plus chics et chers, la version 13 pouces du MacBook Air soutient encore plus fièrement la comparaison Mac-PC. Celui-ci se paie en effet le luxe de battre la quasi-totalité des PC de sa catégorie, à la fois en termes de légèreté, de longévité et de puissance. Face à lui, les Dell Latitude 6410 et autres Lenovo ThinkPad Edge paraissent désormais lourdingues, et ni leur batterie ni leur processeur ne parviennent à l’égaler.

FRANÇOIS PILET
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