Zapatero reçoit un gros avertissement

Espagne Sévère revers socialiste en Catalogne

MADRID

DE NOTRE CORRESPONDANT

C’est la chronique d’une défaite annoncée. Le Parti socialiste de Catalogne (PSC), la version régionale du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) de José Luis Rodriguez Zapatero, a essuyé dimanche la plus lourde défaite de son histoire lors des élections régionales. Avec un peu plus de 18 % des suffrages, les socialistes catalans n’ont récolté que 28 des 135 sièges du « Parlament », l’assemblée régionale désormais dominée par les nationalistes de centre droit de Convergencia y Union (CiU), vainqueurs haut la main avec 38,5 % des suffrages, soit 62 députés.

Cette victoire de CiU – formation au pouvoir en Catalogne entre 1980 et 2003 – referme la parenthèse de 7 ans de « Tripartit », une coalition menée par les socialistes en compagnie de la Gauche Républicaine de Catalogne et les Verts. Le président socialiste du gouvernement régional José Montilla va céder sa place à Artur Mas, tête de liste de CiU et nouvel homme fort de la Catalogne.

Ce retour aux affaires des nationalistes était attendu et même annoncé par tous les sondages. Au niveau régional, il est considéré en partie comme une conséquence de la décision du Tribunal Constitutionnel espagnol, qui avait limité en juin dernier l’application du statut d’autonomie de la Catalogne pourtant adopté par référendum par les Catalans. Ce jugement, après quatre ans de délibérations (!), avait entraîné de nombreuses manifestations des milieux nationalistes.

La faute à la crise

Mais si le sentiment d’injustice qui a entouré la sentence du Tribunal constitutionnel a servi ponctuellement les desseins des nationalistes, c’est la crise économique qui frappe l’Espagne qui a été au cœur de la campagne catalane. Aux yeux de tous les analystes, la débâcle des socialistes catalans est la conséquence directe de l’échec du gouvernement Zapatero. Plombé par une croissance nulle et un taux de chômage proche de 20 %, fragilisé par les mesures d’austérité adoptées ces derniers mois et la pression incessante des marchés, l’exécutif vient d’essuyer sa première défaite électorale alors que se profilent déjà, dans les prochains mois, les élections municipales et plusieurs scrutins régionaux avant les législatives au printemps 2012.

Le secrétaire d’organisation du PSOE, Marcelino Iglesias, avait beau assurer lundi que « les élections régionales ne peuvent pas être considérées comme les primaires d’autres processus électoraux », l’inquiétude s’est emparée du camp socialiste. D’autant plus que son principal adversaire au niveau national, le Parti populaire, est sorti renforcé du scrutin catalan. La candidate Alicia Sanchez-Camacho a obtenu 18 sièges, un record pour le PP dans une région généralement hostile aux idées conservatrices. Au soir des résultats, une Sanchez-Camacho euphorique n’hésitait pas à lancer à ses partisans que « le changement a commencé en Espagne ».

VAINQUEUR

Des tribunes  du Barça au Parlement

L’ancien président du FC Barcelone, Joan Laporta, fait une entrée remarquée au Parlement de Catalogne : il y a été élu et son mouvement indépendantiste disposera désormais de 4 députés dans l’hémicycle. Ce « Parti pour la solidarité catalane pour l’indépendance », que Laporta avait lancé en juillet dernier après avoir quitté la direction du Barça, a recueilli 3,3% des suffrages. Laporta, un avocat âgé de 48 ans, a occupé la présidence du grand club de football catalan jusqu’en juin dernier, fin de son second mandat. Sous sa direction, le club a

remporté deux fois la Ligue des champions et quatre fois le titre national. (afp)

CONTEXTE

Le problème.

Après un revers lors de l’élection régionale en Galice en mars 2009, après une défaite aux Européennes en juin 2009, les socialistes espagnols perdent encore dans les urnes, dans une région traditionnellement considérée comme un réservoir de votes pour le parti de Zapatero.

L’enjeu.

Le scrutin régional en Catalogne marque le début d’un marathon électoral qui se terminera par les législatives du printemps 2012. Entre-temps auront lieu les municipales et plusieurs élections régionales. Les socialistes les abordent dans une situation délicate.

A suivre.

La principale formation d’opposition, le Parti Populaire, a progressé en Catalogne. Si leurs bons résultats se confirment lors des prochaines échéances, les conservateurs peuvent envisager une large victoire en 2012. (G. Bx.)

AFP,BONTOUX, GUILLAUME
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