Continental Airlines coupable

Concorde Dix ans après le crash, le jugement enfin rendu

C’était le 25 juillet 2000. Quelques secondes après avoir pris feu en décollant de Roissy, le Concorde s’écrasait sur un hôtel à Gonesse. © Toshihiko Sato/ap.

La justice française a imputé lundi à Continental Airlines l’entière responsabilité du crash du Concorde d’Air France, le 25 juillet 2000. L’accident avait fait 113 morts (les 109 occupants, principalement des Allemands, et quatre personnes au sol) et entraîné l’arrêt de l’exploitation du supersonique.

Pour le tribunal correctionnel de Pontoise, c’est bien un DC10 de la compagnie américaine qui a déclenché la catastrophe, en perdant une lamelle d’une quarantaine de centimètres sur la piste de décollage du Concorde, en partance pour New York le 25 juillet 2000. Le Concorde a roulé sur la lamelle, un pneu a éclaté, projetant des débris qui ont perforé le réservoir, menant à l’inflammation du carburant et au crash de l’avion sur Gonesse (Val d’Oise), quelques minutes après son décollage de Roissy.

La thèse défendue par Continental, selon laquelle le supersonique aurait pris feu avant même de rouler sur cette lamelle, n’a pas convaincu le tribunal : « Aucune des constatations matérielles effectuées ni témoignages ne permettent de corroborer » cette thèse, a-t-il tranché.

La justice a retenu la responsabilité pénale de John Taylor, 42 ans, condamné à 15 mois de prison avec sursis pour avoir mal fabriqué et fixé cette lamelle, mais pas celle de son chef d’équipe Stanley Ford, 71 ans.

Responsable des fautes de ses employés, Continental devra s’acquitter d’une amende de 200.000 euros pour homicides involontaires. Elle devra également verser à Air France 1 million d’euros de dommages et intérêts, pour préjudice moral et atteinte à l’image.

Me Olivier Metzner, l’avocat de la compagnie américaine, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, en dénonçant « un jugement protectionniste des seuls intérêts de la France ». Peu après, Continental Airlines a qualifié d’« absurde » le jugement.

« Négligences » françaises, sans « faute caractérisée »

Quant aux trois prévenus français, anciens responsables français de l’aéronautique, le tribunal a estimé qu’ils avaient commis des « négligences » mais pas de « faute caractérisée » dans le suivi de l’avion, au regard des incidents de pneus ayant affecté le Concorde dès 1979.

Henri Perrier, 81 ans, ex-directeur du programme Concorde chez Aérospatiale, son collaborateur Jacques Hérubel, 75 ans, et Claude Frantzen, 73 ans, ex-cadre de la direction générale de l’aviation civile (DGAC), ont donc été relaxés.

Mais Me Roland Rappaport, avocat de la famille du commandant de bord et de deux syndicats de navigants, a relevé « une contradiction » : « Comment dire que la Continental a commis une faute caractérisée et que, du côté français ce sont de simples négligences ? », a-t-il protesté, soutenant que les « faiblesses » du Concorde n’avaient pas été correctement traitées.

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