Ben Ali a fui la colère du peuple tunisien

La première révolution arabe par le peuple.

© AP Photo/Christophe Ena

Journée historique en Tunisie : le président Zine el- Abidine Ben Ali, a fui vendredi son pays, après 23 ans de règne sans partage, devenant ainsi le premier dirigeant d’un pays arabe à quitter le pouvoir sous la pression de la rue.

Il s’est envolé de Tunis pour une destination inconnue au terme d’un mois d’une contestation populaire, que les Tunisiens ont eux-mêmes appelée « Révolution du jasmin », et qui a

été réprimée dans le sang au prix de plusieurs dizaines de morts.

Quasi simultanément, Mohammed Ghannouchi, Premier ministre sortant, a annoncé dans la soirée à la télévision qu’il assurait l’intérim de la présidence jusqu’à nouvel ordre.

Sur un ton solennel, il a aussitôt lancé un appel à l’unité : « J’appelle les Tunisiens toutes sensibilités politiques et régionales confondues à faire preuve de patriotisme et d’unité. » Il s’est également engagé à respecter la Constitution.

Le pays de destination du président sortant, âgé de 74 ans, n’était pas immédiatement connu. Mais son avion a survolé en soirée l’espace aérien maltais « en direction du Nord », a indiqué un porte-parole du gouvernement. Le pilote a « pris contact avec la tour de contrôle de l’aéroport de La Vallette, mais seulement pour survoler l’espace aérien et pas pour atterrir », a par ailleurs indiqué un porte-parole du ministère maltais des Affaires étrangères.

Destination la France ? L’Elysée n’avait « aucune information » qui « atteste, à ce stade » de la venue de Ben Ali en France, a indiqué la présidence française.

Depuis jeudi, le président sortant avait multiplié, sans succès, les annonces pour tenter de mettre un terme à un mois d’émeutes et de manifestations, violemment réprimées par des services de sécurité n’ayant pas hésité à tirer à balles réelles sur des civils. Les manifestants exigeaient toujours le départ immédiat de Ben Ali, ne se satisfaisant pas de ses promesses de quitter le pouvoir seulement au terme de son mandat en 2014.

Vendredi, les choses se sont accélérées : limogeage de l’équipe gouvernementale en place, annonce d’élections législatives dans les six mois. De mesures plus vaines encore, qui n’ont pas altéré la détermination de la rue.

Et au final, le peuple tunisien a obtenu gain de cause.

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