Pas de protonthérapie en Belgique

Cancer Un onzième centre de soins ouvre cette semaine en Allemagne

Surréaliste : alors que la protonthérapie se répand dans le monde grâce à une entreprise née il y a 20 ans à Louvain-la-Neuve, dans le giron de l’UCL, cette technologie est quasi inaccessible au patient belge. Qui doit aller se faire soigner en Suisse ou aux Etats-Unis, où il découvre souvent le prix pharamineux du traitement, dans des centres déjà saturés et peu ouverts aux étrangers. Dans quelques jours, il pourra aussi se rendre à Essen, en Allemagne, où le onzième centre au monde va ouvrir.

Mais quand pourra-t-il bénéficier de cette technologie, qui permet de mieux soigner des cancers particulièrement difficiles, comme ceux des yeux, du cerveau, des voies digestives ou certains cancers pédiatriques ?

Pas de suite : il y a 20 ans, la province d’Anvers voulait construire un tel centre. Une initiative coulée par les doutes de scientifiques sur l’utilité réelle de cette technique face à la radiothérapie traditionnelle. Ces doutes provenaient notamment de la KULeuven où, comme par miracle, on changea d’avis deux ans plus tard, la même université présentant son propre projet… bien vite mis à mal par Liège et Gand, qui auraient préféré en installer chacun un, au cœur de leur région linguistique.

Vingt ans plus tard, on n’a pas beaucoup progressé. En 2008, le plan Cancer de la ministre de la Santé Laurette Onkelinx envisageait, en 30e « action concrète » sur 32, le lancement d’une étude de faisabilité pour la construction et l’exploitation d’un centre d’hadronthérapie, une technologie plus avancée qui mêle protons et ions carbone.

C’était prévu pour 2009. La fondation Belgian Hadrontherapy Center Project, qui réunit les experts des universités du pays, a remis un projet d’étude à la ministre, notamment pour déterminer quelles catégories de patients pourraient en bénéficier, afin de voir si un centre se justifie. Les centres complets coûtent en effet environ 100 millions d’euros, mais, comme beaucoup de technologies, le prix de celle-ci baisse à mesure de la diffusion.

Le dossier reste à l’étude, mais est un peu englué… par ce qu’il est permis de faire ou pas en affaires courantes. La protonthérapie belge n’est donc pas près de soigner, ici, nos patients…

SOUMOIS,FREDERIC
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