La foule a eu raison du pharaon

Face à un million de manifestants, Hosni Moubarak a cédé : il ne se représentera pas en automne et veut faciliter la transition démocratique.

© EPA

Une semaine : c’est le temps qu’il aura fallu aux Egyptiens, descendus dans la rue, pour obtenir satisfaction à leur exigence : Hosni Moubarak, président de l’Egypte depuis près de 30 ans, a déclaré, mardi, en fin d’une journée marquée par une manifestation monstre au Caire, qu’il ne se représentera pas aux élections de cet automne. Et il compte utiliser les derniers mois pour assurer « une transition pacifique », notamment en allégeant les contraintes imposées pour se porter candidat à la présidence de l’Etat.

Dès la fin de son allocution télévisée du soir, qui n’avait été annoncée que quelques heures plus tôt, la foule encore nombreuse sur la place El Tahrir a explosé en cris de joie. Mais non pour se satisfaire de l’annonce du « raïs » : instantanément, des cris réclamant son départ immédiat ont fusé, ainsi que des appels à ne pas quitter la rue.

La question que l’on peut poser désormais ouvertement est de savoir quelles personnalités ont des chances de succéder à Moubarak. Mohamed ElBaradei, l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique ? Peu connu en Egypte, il semble croire en ses chances. Amr Moussa, le populaire ex-ministre des Affaires étrangères ? Il ne revendique rien, s’est dit « prêt à servir ». Ou encore un membre de la hiérarchie militaire, qui a fourni les trois présidents égyptiens successifs, et qui pèsera sur l’organisation de la succession ?

Deux semaines après la fuite précipitée du président tunisien Ben Ali, Hosni Moubarak est le deuxième despote arabe à partir sous la pression de son peuple…

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