Libéré, Serge Dumont raconte la chasse aux journalistes

Serge Dumont, l’envoyé spécial du « Soir » au Caire, a été libéré ce jeudi soir. Il raconte ses deux jours à la merci des pro-Moubarak. Sale temps pour la presse.

© AP

C’est sur le coup de 20 h 20, heure belge, que la bonne nouvelle est tombée. Serge Dumont appelait la rédaction du journal à Bruxelles pour annoncer qu’il avait été libéré, en compagnie de trois envoyés spéciaux de la chaîne de télévision française France 24. « Je suis au bord de l’épuisement et j’ai faim. » Voilà comment le journaliste du Soir se sentait au moment de sa libération.

Molesté, tabassé, puis emmené par des personnes non identifiées en civil mercredi matin, alors qu’il couvrait une manifestation pro-Moubarak au Caire, Serge Dumont raconte la chasse aux journalistes qui a lieu en ce moment dans les rues du Caire.

Le témoignage de notre confrère illustre en effet les énormes difficultés que la presse connaît pour couvrir la révolution des pyramides. Battus, interpellés, intimidés, de nombreux journalistes couvrant les affrontements meurtriers au Caire entre partisans et opposants du président égyptien Hosni Moubarak se plaignent de violences croissantes contre eux.

Dans les rues de la capitale, la chasse à la presse a commencé. Qui se promène avec une caméra ou un appareil photo est rapidement pris à partie par des hommes en civil favorables au président Moubarak et aussi, mais dans une moindre mesure, par des manifestants anti-gouvernementaux, de plus en plus nerveux. Al-Jazira, Al-Arabiya, ABC news, CNN, TF1, France 2, France 24, Radio-Canada… la liste des médias ayant des reporters battus ou interpellés ne cesse de s’allonger. Reporters sans frontières estime que les exactions contre les journalistes avaient « un caractère systématique et concerté ».

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