Andrée Chedid nous a dit aime

Littérature/ M perd sa grand-mère

Andree Chedid avec son fils, le chanteur Louis Chedid et son petit-fils Mathieu Chedid alias "M". © AFP

Andrée Chedid, poète solaire et sensuelle, est décédée dimanche à 90 ans. Née au Caire, en Egypte, elle écrivait depuis l’âge de dix-huit ans, en quête des « choses vivantes qui bouillonnent au fond de chacun ». En 1946, elle avait choisi de s’installer à Paris pour ne plus la quitter. Celle qui avait grandi sur les bords du Nil aimait les bords de Seine et le pont Mirabeau, chanté par Apollinaire.

Eternellement jeune d’esprit, Andrée est l’auteur inoubliable des paroles du premier tube de son petit-fils Matthieu, alias M : « Je dis aime ». Tout au long de son existence et de son œuvre, elle a interrogé la condition humaine. Souvent portée par une ferveur mystique, son écriture est imprégnée d’une grande sensualité orientale.

« Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde, mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l’avenir », disait-elle.

Ses parents étaient chrétiens, libanais et divorcés. La petite fille a vécu son enfance en pension. Elle a appris à lire en anglais ou en français et à exprimer sa tendresse en arabe. A 14 ans, elle est partie en Europe, avant de rentrer au Caire pour étudier à l’université américaine. Son rêve était d’être danseuse mais elle s’est mariée trop tôt, à 22 ans.

Andrée a eu deux enfants : Michèle et le chanteur Louis Chedid. Romancière, dramaturge et surtout poète, elle publiera de nombreux ouvrages en prose ou en vers et décrochera de nombreux prix littéraires dont le Goncourt de la nouvelle, le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres, le prix Louise Labé ou encore le prix Mallarmé.

Son art poétique était aussi un art de vivre comme elle l’avait si bien transmis dans Visage Premier, en 1972. Elle avait encore publié ces dernières années des poèmes réunis sous le titre Territoires du souffle (1999). L’an dernier, Andrée Chedid signait Les quatre morts de Jean de Dieu, un roman d’amour-symbiose aux éditions Flammarion. Elle laisse en héritage à son fils Louis et à son petit-fils Mathieu, « le goût des mots et l’art de les faire chanter ».

L’Enfant Multiple d’Andrée Chedid fait l’objet d’une adaptation à voir au Festival Paroles d’Hommes les 17, 18 février à 20 h, au Grand Théâtre de Verviers, et le 23 février à 20 h 15 au Centre Culturel de Welkenraedt.

COUVREUR,DANIEL,AFP
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