Contador blanchi, mais pour combien de temps ?

Dopage L’Espagnol prendra le départ du Tour d’Algarve ce matin

Alberto Contador, déjà triple vainqueur, peut à nouveau pointer le prochain Tour de France parmi ses objectifs 2011. Du moins si tout reste en l’état… © afp.

MUSCAT

De notre envoyé spécial

L’avantage d’être le meilleur coureur du monde sur les courses par étapes et d’être espagnol en même temps apporte certains privilèges : Alberto Contador a enregistré ses réactions sur son exemption de sanction d’un an par la Fédération espagnole mardi… matin, alors que rien n’avait encore été communiqué ! La une du quotidien El Pais parlait d’elle-même : « L’Espagne innocente Contador ».

Le Madrilène a reçu l’appui du chef du gouvernement en personne, Jose Luis Zapareto. Son cas était devenu une affaire d’Etat et on mesure, à travers la prise de position politique de l’Espagne, l’influence considérable qu’elle a eue sur la Fédération nationale de cyclisme, incapable d’avoir le courage de se ranger aux règles de l’antidopage. Quelle que soit la quantité de clenbutérol retrouvée dans les urines du Castillan après un test… quatre fois positif au-delà du jour de repos pendant le Tour 2010 à Pau, rien ne permettait à la Fédération de prétendre qu’il n’y avait pas eu faute ou intention de dopage. Du reste, nul ne le saura jamais, sauf Contador.

Mais les règles, aujourd’hui, bien qu’elles soient contestées et contestables par la justice civile, s’appuient sur une volonté commune de l’Agence mondiale antidopage, des fédérations, de l’Union cycliste internationale et aussi des pouvoirs politiques pour imposer la tolérance zéro en matière d’antidopage. L’Espagne, voire ci-contre, ne semble pas émue par cette réalité. Car ce n’est pas fini. Comme le confiait Eddy Merckx au soir de la première étape du Tour d’Oman, mardi soir : « Il est impossible de donner un avis sur le sujet tant que l’UCI et l’AMA n’auront pas réagi. Car finalement, personne ne connaît ce dossier. On en parle depuis fin septembre (l’affaire avait été dévoilée le 30 pendant les Championnats du monde), les parties concernées savent tout depuis le 24 août et en février, on nous dit qu’il est blanchi. Les faits, nous les ignorons. »

Ce n’est pas faux. Et ce n’est pas demain que les arguments qui ont convaincu la Fédération espagnole de blanchir Contador seront connus. Pourtant, l’UCI dispose maintenant de 30 jours avant de faire appel au Tribunal arbitral du sport en même temps que l’AMA. Qui fera quoi et quand ? Bonnes questions. Mais il est une évidence : Contador doit posséder une défense en béton armé ou alors il est fou, car il risque deux ans de suspension, la facture de base pour toute infraction à l’antidopage en cyclisme.

Chez Saxo Bank, sa nouvelle équipe, la confiance était de mise puisque, outre l’enregistrement du « soulagement » du Castillan qui se dit « enfin innocenté » effectué avant l’annonce officielle, Contador s’apprêtait à aller chercher son dossard pour le Tour d’Algarve. Le numéro un, puisqu’il est le vainqueur sortant ! Car il peut courir, désormais, jusqu’à une prise de position éventuellement négative du TAS. « C’est pourquoi nous devons rester prudents », a constaté son manager Bjarne Riis, qui en connaît un bout sur le sujet. La direction du Tour de France, elle, attend celle de l’UCI. « Nous ne communiquerons pas sans avoir tous les éléments du dossier », a justifié Christian Prudhomme, qui sera rejoint (le hasard) ce mercredi par Pat McQuaid, président de l’UCI, dans le sultanat d’Oman.

THIRION,STEPHANE
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