Record fêté aux quatre coins du pays

Manifestation Entre 15.000 et 20.000 personnes se sont mobilisées

De Louvain-la-Neuve à Gand en passant par Liège et Bruxelles, les étudiants ont dignement fêté le record belge. © Le Soir (Thierry Du Bois)

Ils étaient plus de 10.000 à se presser, à 22 heures, autour du podium et de l’écran géant dressé sur la St-Jacobsplein, en plein cœur de Gand. Pour fêter, dans une explosion de décibels et de cris de joie, le record du monde de la plus longue formation gouvernementale. La foule n’a cessé d’enfler depuis le début de la soirée de jeudi pour vivre l’apothéose qui, à minuit précise, allait voir une délégation irakienne, détentrice du record jusque-là, remettre la coupe à la Belgique.

Les organisateurs de la manifestation gantoise se distancient complètement de la démarche des responsables de la révolution des frites. « Cette fête populaire est apolitique, souligne Angelo Meuleman, l’un des organisateurs de la fête gantoise. Nous sommes ici pour faire la fête et saluer nos héros politiques qui ont réussi à décrocher ce record. Nous sommes très fiers d’eux. Notre seule crainte est d’apprendre qu’Elio Di Rupo et Bart de Wever ne débarquent ici main dans la main pour nous apprendre qu’ils auraient arraché un compromis en dernière minute. »

Dans la soirée de jeudi, Yves Leterme disait déplorer ces réjouissances gantoises pour la mauvaise image du pays qu’elle risquait de générer à l’étranger. Cela laisse Kobe Vanhaeren, un des organisateurs de la soirée, pantois. « Le Premier ministre sortant aurait dû, comme notre bourgmestre, se plonger dans cette ambiance de liesse gantoise : il aurait compris que ce record remplit le peuple de fierté. D’ailleurs, il n’y a pas de drapeaux, ni belges, ni flamands. Quelques membres du Vlaams Belang ont bien tenté de les retirer de leur poche, mais l’ont vite replié, pour ne pas être tués par le ridicule. Tous les regards du monde se tournent aujourd’hui vers notre pays. Les chaînes de télévision étrangères se sont toutes déplacées ici : CNN, la BBC, la ZDF et Al Jazeera. C’est fabuleux. »

À 22 heures 30, les Gantois continuent à affluer vers la St-Jacobsplein. Histoire de tourner la crise en dérision. Il reste 90 minutes avant l’apothéose.

Plus tôt dans la journée, place Poelaert, un cortège bilingue de près de 2.000 étudiants déboule face au Palais de Justice. C’est la « révolution des frites », organisée au départ des campus flamands et tendue, tel un cornet, en direction du sud du pays. L’initiative, plus politique, a réuni 10.000 personnes à travers le pays pour soutenir trois revendications : non à la scission du pays, création d’une circonscription unique, maintien de la sécurité sociale…

Michel Breydel détonne au milieu des jeunes manifestants. Le sexagénaire tient fermement un drapeau belge flanqué d’un écusson. « C’est celui du Comité d’action nationale qui, en 1963, avait organisé le rendez-vous Ter Belgen. J’étais étudiant à l’époque et on revendiquait déjà le maintien de la Belgique ». Près d’un demi-siècle plus tard, le combat fait toujours rage. Non loin de l’estrade, Michaël Verbauwhede enchaîne les interviews pour les médias internationaux. Le président de la Fédération des étudiants francophones insiste : « Le financement de l’enseignement, le chômage sont des problèmes au nord comme au sud du pays. Et la crise économique ne s’arrête pas à la frontière linguistique ».

Des préoccupations que l’on rencontre à Louvain-la-Neuve, où 1.500 jeunes sont réunis sur la Grand-Place. À Liège, 300 à 400 personnes occupent la Place Saint Lambert. « On est les champions », entonne la foule, avant de former une chaîne humaine représentant les lettres du mot « solidarité ».

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