Jane Russell, la brune ardente

Cinéma L’actrice américaine est morte, à 89 ans

Jane Russell, les censeurs américains des années 1940 et 50 l’avaient bien compris, c’était d’abord une paire de seins. Une poitrine voluptueuse, qu’elle ne dédaignait pas de mettre en avant sous l’œil gourmand de la caméra. Deux obus qui firent loucher les messieurs, si bien que le comique Bob Hope la présenta comme « the two and only Jane Russell ». Mais qui, en surmontant une paire d’extraordinaires longues jambes, font d’elle une des pin-up favorites des GI lors de la Seconde Guerre mondiale.

Jane Russell fut une sex bomb dont on peine aujourd’hui à imaginer l’incroyable succès. C’est le milliardaire excentrique Howard Hugues qui l’avait sortie de l’anonymat en 1940 – elle a alors 19 ans. La légende veut qu’il l’ait remarquée chez son dentiste, où elle était réceptionniste. Il cherchait une jeune femme aux formes voluptueuses pour être l’héroïne d’un film qu’il tournerait lui-même, Le banni (The Outlaw).

Jane Russell y fut d’une volupté lascive un peu vulgaire. Elle y est Rio, la jeune femme que Billy the Kid (Jack Buetel) emmène quand même à la fin, sans jamais cependant quitter son cheval des yeux : dans le Far West, c’est plus important. Mais sa poitrine fabuleuse et ses longues jambes crèvent l’écran. Le battage publicitaire mené par Hugues autour de la censure qui tique sur ses décolletés attire plein de monde.

Jane Russell décolle. Et tourne. Et pas qu’avec des seconds couteaux. Avec Howard Hawks (Les hommes préfèrent les blondes, avec Marilyn Monroe, en 1953), Jozef von Sternberg (Macao, avec Robert Mitchum, en 1952), Raoul Walsh (Les implacables, avec Clark Gable et Robert Ryan en 1955, et Bungalow pour femmes, en 1956), Nicholas Ray (L’ardente gitane, avec Cornel Wilde, en 1956), John Sturges (La Vénus des mers chaudes, en 1956)…

Sensualité amusée

En tout 24 films, de 1943 à 1970. Dont des navets, bien sûr. Et ce fameux French Line de Lloyd Bacon en 1954, où elle se joue de tous les codes de censure dans une tenue d’une formidable impudeur d’où émergeaient deux interminables fûts galbés, ses jambes, qu’elle montrait avec une sensualité amusée.

Dans sa vie privée, cette bombe sexuelle était très différente : elle affichait ses valeurs républicaines, sa foi chrétienne, sa confiance dans le mariage, son opposition à l’avortement, elle qui, à 18 ans, avait subi une IVG qui l’avait rendue stérile.

Elle est morte ce lundi, à Santa Maria, en Californie. A 89 ans. Dommage pour ses convictions, mais ce dont on se souviendra, c’est qu’elle était la brune ardente qui faisait oublier que les hommes préfèrent les blondes…

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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