1,624 euro : l’essence atteint des prix records

Cela n’a pas traîné : la flambée des prix pétroliers consécutive à la crise libyenne s’est déjà répercutée sur le prix de l’essence à la pompe : ce mercredi, l’essence 95 octane pourra afficher un prix maximum de 1,624 euro par litre. Un record. Jamais il n’avait atteint un tel sommet. Le précédent pic datait de juillet 2008. A l’époque, le litre d’essence s’achetait 1,594 euro.

Pour expliquer la hausse, il faut savoir que le prix de l’essence varie selon trois éléments : le premier, c’est le prix du pétrole (qui est libellé en dollar). Le deuxième, c’est le cours du dollar en euro. Et le troisième, ce sont les taxes.

En juillet 2008, le prix du baril a été poussé par la gourmandise de l’économie mondiale en général, et la forte croissance de pays comme la Chine ou l’Inde. C’était avant la crise. Le baril avait atteint alors 147 dollars (et 91,25 euros). Aujourd’hui, il est loin d’avoir retrouvé ce niveau. Il évolue plutôt aux alentours de 115 dollars (82 euros). Et pourtant, l’essence atteint des sommets. Pourquoi ?

Pour deux raisons. D’abord parce que nos prix pétroliers sont liés, non pas au marché de Londres ou de New York, mais à celui de Rotterdam. « Et à Rotterdam, la tonne d’essence s’échange en euro au même prix qu’en juillet 2008 », observe Jean-Louis Nizet, porte-parole de la fédération pétrolière belge.

En outre, depuis juillet 2008, les taxes ont légèrement augmenté. Taxes et accises pèsent 0,614 euro par litre aujourd’hui, contre 0,597 en juillet 2008. « Sur les 1,624 euro que vaut un litre d’essence, les taxes et accises représentent 55,1 % du prix, et le coût du pétrole proprement dit 34,2 %. Le solde représente les coûts de distribution et de marketing », explique Jean-Louis Nizet.

Le diesel proche des sommets

L’essence atteint un record, le diesel s’en rapproche : à 1,443 euro le litre, on est à quelques centimes du record de 1,469 euro, « homologué » le 27 mai 2008.

Le gasoil de chauffage reste, lui, un peu plus sage : à 0,833 euro le litre, il est encore assez éloigné de son sommet de 0,954 euro atteint le 3 juillet 2008. Mais ce produit est moins sensible à la fiscalité : TVA et accises ne représentent en effet que 19,6 % du prix total.

Une hausse du prix de l’essence n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour l’économie : elle ronge les bénéfices des entreprises, pèse sur le budget des ménages. Certains grognent déjà : les carburants étant exclus de l’indice santé, « les salaires n’augmentent pas, le pouvoir d’achat coule littéralement le long de la pompe à carburant », proteste ainsi l’organisation Touring. « L’automobiliste belge a constaté, en 8 ans, une augmentation de prix de 83 % du diesel et de 55 % de l’essence », ajoute-t-elle.

Pour compenser cet effet, le ministre du Budget Guy Vanhengel (Open VLD) a proposé de réveiller le système de « cliquet inversé ». Quand les prix pétroliers montent, la TVA progresse aussi. L’idée est de diminuer les accises du montant de cette hausse de TVA de sorte que la ponction fiscale totale sur les carburants ne bouge pas. Ce système existe déjà, mais il avait été mis en veilleuse ces dernières années. Un prochain conseil des ministres pourrait le réveiller.

THOMAS,PIERRE-HENRI
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