Microsoft se ressaisit avec un nouvel Explorer

Technologies L’Internet Explorer se réveille avec sa version 9

Alors que tous les indicateurs concernant ses parts de marché sont dans le rouge, Microsoft devait se ressaisir avec la nouvelle version de son navigateur web. Il est trop tôt pour savoir si cette version « 9 » de l’Internet Explorer, lancée mardi en quarante langues, lui permettra de stopper l’hémorragie. Mais la firme de Redmond a travaillé dur pour se doter d’un outil capable de reconquérir le terrain perdu.

Léger, discret et véloce, le nouveau navigateur a des atouts pour se frotter à une concurrence féroce, emmenée par Firefox et Chrome. Parmi les nouvelles fonctions qu’il intègre, on trouve la possibilité d’afficher aisément deux pages web côte à côte et d’épingler un site dans la barre des tâches de Windows.

Il devient alors « indépendant » du navigateur et peut même se lancer lorsque le navigateur n’est pas ouvert à l’écran. Il est également possible, à partir de cette icône affichée en permanence, d’afficher une « jumplist », une fenêtre où l’on sélectionne directement la section du site à laquelle on veut accéder.

Ces sites « épinglés » constituent la réponse originale de Microsoft aux petits « widgets » très populaires dans Chrome, le navigateur de Google et dans Android, son système d’exploitation mobile. Ils montrent à quel point le monde des smartphones et des tablettes, avec leurs applications versatiles et à géométrie variable, tracent la route que devraient emprunter de plus en plus les internautes lorsqu’ils naviguent sur le web avec un bon vieil ordinateur.

Bien sûr, certaines de ces fonctions existaient déjà dans d’autres navigateurs et ces derniers devraient rapidement phagocyter les améliorations apportées par Internet Explorer 9 dans leurs prochaines versions. Un processus devenu classique et qui profite au consommateur.

Avec une part de marché de 63,6 % en Belgique mais qui a dégringolé à 57,5 % au niveau mondial, il est grand temps pour Microsoft de renverser la vapeur. Il y a sept ans, son Internet Explorer disposait encore de plus de 90 % de parts de marché. Une domination insolente qui a conduit Microsoft à négliger son navigateur. Durant de longues années, l’increvable version 6 a stagné. Exposant à tous les vents ses failles de sécurité, elle était aussi le cauchemar des développeurs de sites par sa piètre compatibilité avec les standards du web.

Windows XP reste dominant

Cette version 6 de l’Internet Explorer, encore vivace, Microsoft fait tout pour l’éradiquer de la carte de l’internet. Pas si simple, cependant. La nouvelle version de son navigateur ne s’installe que sur des PC équipés de Windows Vista ou de Windows 7, les deux plus récentes versions de son système d’exploitation. Or, celles-ci sont loin de dominer le marché. En Belgique francophone, notamment, selon des estimations de Microsoft Belgique, l’ancien système XP représenterait encore près de 70 % du parc d’ordinateurs, particuliers et entreprises confondus. De quoi freiner la progression d’Internet Explorer 9.

D’où la multiplication de partenariats avec des sites web. Comme, en Belgique, ceux du Soir ou du Moniteur de l’automobile. Mais le vrai défi, pour Microsoft, sera de retrouver la confiance d’utilisateurs pour qui il n’est plus, de longue date, synonyme d’innovation sur le Net. Une tâche qui s’annonce plus périlleuse que de lancer ce nouveau navigateur ultrarapide et capable de tirer ingénieusement parti de toutes les ressources matérielles des ordinateurs pour doper ses performances.

JENNOTTE,ALAIN
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