Berlusconi face aux juges, huit ans plus tard

Italie Silvio Berlusconi accepte de comparaître, mais dans un procès mineur

Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien, lundi, à sa sortie du tribunal de Milan : applaudi par des partisans venus de toute la Lombardie… à l’appel de son parti. © DANIEL DAL ZENNARO/epa.

ROME

de notre correspondante

Tout s’est bien passé. Je reviendrai à la prochaine audience le 4 avril. » C’est un Silvio Berlusconi rayonnant qui est sorti du tribunal de Milan, lundi, en fin de matinée, acclamé par la foule qui scandait son prénom : « Sil-vio, Sil-vio », « resisti, resisti ».

Ignorant les quelques représentants d’un parti d’opposition venus, eux, pour le huer, le Cavaliere est monté, comme il en a l’habitude dans ses bains de foule, sur le marchepied de sa voiture pour mieux saluer ses fans. Pour les remercier d’être venus de toute la Lombardie (répondant à l’appel des responsables locaux du PDL, son parti !) exprimer leur solidarité au « grand persécuté de la magistrature italienne ».

C’était la première fois, depuis huit ans, que le chef du gouvernement italien remettait les pieds dans ce tribunal où, selon lui, se trouvent ses pires ennemis. Il a accepté d’être présent à la première audience préliminaire du procès « Mediatrade », du nom d’une des filiales de son groupe télévisé, Mediaset, où il pourrait être inculpé, avec onze autres personnes, pour une affaire de fraude fiscale à travers des malversations dans des paiements de droits télévisés. Il ne sera pas difficile à ses brillants avocats de démontrer que leur client a raison lorsqu’il affirme ne s’être jamais occupé de ce genre de détails…

« Ce sont des accusations ridicules et infondées. Je suis l’homme le plus inculpé de l’Histoire et de l’univers ! », a tonné, lundi matin, Silvio Berlusconi en participant par téléphone à une émission de Canale 5, l’une de ses chaînes de télévision. Il a rappelé qu’il s’agissait de son vingt-cinquième procès et que, pour les vingt-quatre précédents, il avait toujours fini par être acquitté. Selon lui, « ce procès, comme tous les autres, n’est qu’une tentative d’éliminer le plus grand obstacle qui empêche la gauche d’arriver au pouvoir ».

L’audience préliminaire, pendant laquelle Silvio Berlusconi n’a pas pris la parole et s’est contenté d’écouter, s’est déroulée à huis clos, sous la présidence du juge Maria Vicidomini (encore une femme, comme les juges du procès « Ruby », au nom prédestiné !) et sera suivie de plusieurs autres. Le prochain rendez- vous auquel Silvio Berlusconi a déjà promis d’être présent a été fixé à lundi, jour indiqué par les avocats comme le seul possible pour leur client, à condition qu’il n’ait pas d’autres engagements.

En fait, pour lui, accepter de comparaître dans le procès « Mediatrade » est une sorte de choix du moindre mal, qui lui permettra d’être moins présent lors de procès plus embarrassants, comme l’affaire « Mills » (corruption de témoin) ou l’affaire « Ruby », qui s’ouvre le 6 avril, tout en montrant à l’opinion publique qu’il est contraint de perdre du temps précieux au tribunal au lieu de gouverner ! On ignore toujours s’il sera là à l’ouverture du procès « Ruby ». Ses avocats disent : « On verra. » Il a cependant un alibi parfait pour ne pas y être : le deuxième anniversaire du tremblement de terre de L’Aquila, qui a eu lieu le 6 avril 2009.

LUKSIC,VANJA
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