Contre la crise, place aux frites !

Citoyenneté Les étudiants vont rebaptiser les places de leurs villes universitaires

Ne dites plus place Flagey, à Bruxelles, dites place des Frites. Ne dites plus place Saint-Aubain, à Namur, place des Wallons à Louvain-la-Neuve ni place Saint-Lambert, à Liège : toutes seront rebaptisées au nom de cette spécialité culinaire nationale mardi prochain. Les grandes places des villes d’Anvers, Gand et Leuven subiront le même sort.

Les étudiants de la plateforme « Pas en notre nom – Niet in onze naam » sont de retour. Après le succès de leur premier mouvement, le 17 février dernier, ils remettent le couvert, si l’on ose dire. Ils n’ont pas choisi la date du 29 mars par hasard : après 289 jours de crise, le record mondial de l’absence de gouvernement ayant prêté serment sera battu.

Ils ne se contenteront pas de rebaptiser les places de leurs cités universitaires. Ils les égayeront également à coups de lâcher de ballons, de dégustation de produits régionaux, de soirées animées par des DJ triés sur le volet et, bien sûr, de distribution de frites (lire le programme ci-dessous).

Lors de la première édition, qui avait réuni plus de 5.000 étudiants dans les grandes universités du pays, le mouvement avançait deux revendications : le maintien d’une sécurité sociale fédérale et la création d’une circonscription électorale unique, qui doit permettre à tous les électeurs de donner leur vote à un candidat d’une autre communauté, et aux hommes politiques d’être responsables devant tous les électeurs, et pas seulement devant une moitié du pays.

Pour leur deuxième édition, les étudiants ajoutent trois exigences : la généralisation de l’apprentissage du français et du néerlandais à l’école, le maintien de Bruxelles comme « laboratoire multiculturel de la Belgique » et un refinancement de l’enseignement.

En organisant cette manifestation, les associations étudiantes entendent démontrer, comme elles l’avaient annoncé, qu’elles ne baissent pas les bras. Contrairement à d’autres mouvements de ces derniers mois, il est d’essence politique. Les revendications sont communes aux Flamands et francophones.

Ce mouvement est né au début du mois de février, dans le sillage de la manifestation « Shame ! » qui, le 23 janvier, avait réuni 35.000 personnes à Bruxelles, lassées de la crise politique. Via les réseaux sociaux, les étudiants ont embrayé. Dix d’entre eux ont lancé un appel à tous les campus, pour organiser des manifestations. Leur appel a été entendu dans tout le pays. Des kots à projet sont nés à Louvain-la-Neuve, par exemple, et une première journée de manifestation, « La révolution des frites », a vu le jour le 17 février, avec un certain succès.

Après la journée de mardi, une manifestation nationale sera organisée à Bruxelles, le 8 mai. Elle regroupera les mouvements jeunes, mais aussi les organisations syndicales, les artistes et des citoyens lassés, eux aussi, de la durée de la crise.

DEMONTY,BERNARD
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