Au moins 250 morts dans les Etats du sud

APRÈS LE PASSAGE de la tornade dans la ville de Concord, en Alabama – la région la plus touchée : un paysage de désolation et un « état de catastrophe majeure ». © JEFF ROBERTS/ AP.
NEW YORK
de notre envoyé permanent
Rien n’y a fait : ni les appels incessants à la radio et à la télévision, ni la fermeture des écoles, des administrations et des commerces, ni les sirènes qui retentissaient un peu partout n’ont permis de contrer les effets des dizaines de tornades qui ont ravagé mercredi plusieurs villes du sud des Etats-Unis. Quelque deux cent cinquante personnes ont trouvé la mort dans les Etats du Mississipi, de Géorgie, de Virginie, mais surtout en Alabama où plusieurs villes ont été très durement touchées.
La région, traversée par ce que les météorologues nomment la Dixie alley, est habituée à ces déchaînements naturels, dont la fréquence n’a pratiquement pas d’équivalent ailleurs dans le monde. Toutefois, au contraire des ouragans, il est très difficile de prévoir la trajectoire exacte des tornades, qui voient tourbillonner des mélanges de masses d’air froid et chaud. Lorsque les lieux d’impact précis étaient annoncés à la télévision, ou sur internet, il était déjà trop tard pour se mettre à l’abri des montagnes de débris, d’arbres, de voitures qui se sont abattus sur les maisons.
Des survivants racontaient jeudi qu’ils s’attendaient tout au plus à subir un peu de vent et de pluie. Ceux qui se sont réfugiés à temps dans leur cave, ou sous les porches, expliquaient comment ils avaient vu parfois littéralement s’envoler leur maison dans les airs. « Les gens d’ici connaissent la force de ces tornades, commentait le gouverneur de l’Alabama, Robert Bentley, où on dénombre au moins 130 victimes. On ne peut pas déplacer des milliers de personnes en cinq minutes. »
Alors que la question de l’énergie nucléaire est devenue particulièrement sensible à la suite du tremblement de terre au Japon, les autorités d’Alabama ont annoncé la fermeture de trois centrales nucléaires par mesure de précaution. Plus d’un million d’habitants étaient privés d’électricité jeudi.
Barack Obama, qui doit aller ce vendredi en Floride pour assister au lancement de la navette spatiale Endeavour a annoncé qu’il se rendrait auparavant en Alabama, où a été décrété l’état d’urgence. Dès mercredi soir, le président américain avait ordonné au gouvernement d’agir le plus rapidement possible pour venir en aide aux victimes. Le passage de ces ouragans est en voie de devenir la catastrophe naturelle la plus meurtrière qu’ont connu les Etats-Unis depuis l’ouragan Katrina sur La Nouvelle-Orléans, en 2005. A l’époque, 1.500 personnes avaient été tuées. Et le président George Bush ne s’était jamais réellement relevé après la colère qu’avait suscitée son manque de réaction.