Le mariage de William et Catherine était presque parfait. Un exploit dans la plus pure tradition britannique.

Un wedding so British !

Un mariage de décontraction et de grâce © EPA

Récit

Le programme était réglé au millipoil, il a été respecté quasiment à la seconde près. Il y a bien eu un tout petit retard d’un peu moins d’une minute dans le passage d’une des limousines au début de la cérémonie, mais il fallait être vraiment très pointilleux pour le remarquer.

Vendredi, les Britanniques ont prouvé une fois de plus qu’ils étaient les champions de l’organisation et des « mariages du siècle » – ou « de la décennie » c’est selon – puisqu’il reste quand même encore quatre-vingt-huit ans avant la fin de ce XXIe siècle…

Les centaines de millions de téléspectateurs qui ont suivi la cérémonie à la télé ou sur le Net n’ont pas été déçus. Ils ont eu droit à du tout grand spectacle durant plus de quatre heures. Même le soleil était de la partie alors que les services météo de Sa Gracieuse majesté avaient prévu bien pire pas plus tard que la veille. Les organisateurs n’ont pas dû se rabattre sur leur plan B.

Le brin de myrte, un bon présage

« C’est un signe », ont d’ailleurs d’emblée relevé à plusieurs reprises les commentateurs de la BBC dont le studio était installé devant Buckingham Palace. Un signe qu’il faut relier à la grande absente du jour, Lady Di, la mère des princes William et Harry, dont le souvenir planait malgré tout au-dessus de la capitale britannique. Bon nombre d’Anglais, Gallois et Ecossais interviewés par la BBC y ont clairement fait allusion, certains n’hésitant pas à dire que « Kate, pardon, la princesse Catherine, était leur nouvelle Lady Di ».

Autre « signe » qui n’a pas échappé aux commentateurs de plusieurs chaînes de télé, celui des fleurs composant le bouquet de la mariée. Il contenait bien un brin de myrte – garant de bonheur, paraît-il – alors qu’il n’y en avait pas dans celui de la princesse Diana. « Un bon présage », a-t-on pu entendre à la RTBF.

La journée a commencé vers 9 h 15 (heure belge, soit une heure de plus qu’en Angleterre) par des images des 1.900 invités arrivant à un rythme régulier à l’abbaye de Westminster.

Parmi les premiers arrivés, David et Victoria Beckham. Le célèbre footballeur anglais ne passait pas inaperçu avec sa médaille de l’ordre de l’empire bien en vue (une croix rouge) épinglée au revers de son costume gris. Sa femme, enceinte, était vêtue d’une robe bleu foncé de sa propre collection.

Autre personnalité remarquée, Sir Elton John et son conjoint David Furnish. La star anglaise, qui avait chanté aux funérailles de la princesse Diana en 1997, semblait en grande forme avec ses grosses lunettes cerclées de noir et son smoking très classe. Les réalisateurs du direct sont plusieurs fois revenus sur le chanteur durant le mariage.

Côté politique, le Premier ministre David Cameron avait finalement opté pour une queue-de-pie et sa femme Samantha pour une sobre robe vert turquoise. Contrairement à la plupart des invitées présentes (un florilège de chapeaux de toutes les couleurs), la première dame du Royaume-Uni ne portait pas de chapeau. Un choix manifestement délibéré.

Quant à la reine Elizabeth II, elle sortait clairement du lot avec un ensemble jaune pêche aux côtés de son mari en grand costume d’apparat militaire d’un rouge rutilant bardé d’innombrables décorations.

Le prince William, lui, était également en uniforme rouge mais cerné d’un grand cordon bleu. Il est arrivé en compagnie de son frère Harry et bien avant sa future épouse. Il était alors 11 h 20.

Un mariage de princesse comme dans les films

Ce n’est que sur le coup de 11 h 50 qu’on a enfin pu découvrir le secret le mieux gardé de ce mariage : la robe de Kate (voir notre article en p. 35). Après avoir traversé les rues du cœur de Londres dans une Rolls Royce Phantom VI, la duchesse de Cambridge (son nouveau titre officiel décerné quelques heures auparavant par la Reine) est arrivée aux bras de son père sur le parvis de Westminster pour le mariage tant attendu ; un mariage de princesse comme dans les films, sauf qu’ici tout était vrai et retransmis en direct dans le monde entier.

Un mariage sans couacs aussi durant lequel des médias britanniques, grâce au recours à des spécialistes de la lecture sur les lèvres, ont relevé que le prince William a chuchoté une petite phrase très humour anglais à l’oreille de son futur beau-père juste avant les consentements mutuels : « On était censé faire ça juste en famille, non ? »

Et à 12 h 23, une dépêche urgente de l’agence Associated Press confirmait au monde entier ce que tous les téléspectateurs savaient déjà : William et Catherine sont désormais mari et femme.

Si William a glissé une bague en or au doigt de Catherine Middleton, l’inverse n’a pas eu lieu. S’il faut en croire l’historien Francis Balace sur la RTBF, il s’agit d’une vieille coutume de la Royal Navy destinée à éviter les blessures aux doigts quand les marins hissent les voiles. D’autres sources précisent que William ne voulait pas de bague et qu’il n’aime pas les bijoux.

Après les rituels d’usage (signatures des registres par les mariés et leurs témoins), le couple princier fraîchement marié a rejoint le palais de Buckingham dans le landau royal de 1902 tiré par quatre chevaux blanc spécialement entraînés pour pouvoir résister aux cris de la foule. Et ils étaient nombreux et stridents quand le cortège a traversé une ville en délire où plus d’un million de personnes se pressaient le long du parcours.

Et en début d’après-midi, après une petite trêve pour cause de cocktail dînatoire, la foule a eu droit à deux « kisses » sur le balcon de Buckingham.

En 1981, c’est là que Diana, la mère de William, avait embrassé le prince Charles pour une photo qui a fait le tour du monde. Mais c’était au siècle précédent, un siècle qui s’était mal terminé comme l’a rappelé l’archevêque de Canterbury dans son homélie.

William et Catherine ont apparemment bien compris le message.

DE BOECK,PHILIPPE
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