Microsoft aligne 8,5 milliards et s’empare de Skype

Sa plus grosse acquisition en 36 ans d’histoire

Le géant du logiciel, dirigé par Steve Balmer, veut marier les fonctions de Skype avec sa console de jeux Xbox, son programme de messagerie Outlook et ses smartphones Windows. © KIMIHIRO HOSHINO/afp.

La rumeur annonçait Google, Facebook voire même Cisco, parmi les candidats à la reprise du spécialiste de la téléphonie internet Skype. C’est finalement Microsoft qui a émergé, de manière inattendue, en allongeant la bagatelle de 8,5 milliards de dollars.

Pour les vendeurs, un groupe d’investisseurs anglo-saxons, il s’agit d’un coup fumant. Ils avaient racheté Skype au géant des enchères eBay, en 2009, qui en avait conservé 30 %. Skype était alors valorisé à 2,75 milliards de dollars.

Skype annonce 170 millions d’utilisateurs connectés chaque mois. En 2010, ils ont consommé plus de 207 milliards de minutes de communications vocales et vidéo.

Commentant le rachat, Microsoft s’est montré lyrique. « Un service phénoménal adoré par des millions de gens dans le monde », a lancé son patron, Steve Ballmer. « Ensemble nous créerons l’avenir des communications en temps réel pour que les gens restent facilement connectés à leur famille, leurs amis, leurs clients et leurs collègues partout dans le monde », a-t-il ajouté.

Un prix jugé exorbitant

Mais à présent que Microsoft s’est délesté de ce pactole, comment entend-il intégrer Skype dans ses produits et dans sa stratégie de développement ? On devrait voir rapidement Skype apparaître sur sa console de jeux Xbox ainsi que sur les téléphones fonctionnant avec son système d’exploitation Windows Phone.

Mais cela semble peu de chose, face à l’ampleur de l’acquisition. Notamment parce que Microsoft dispose déjà, dans son logiciel de messagerie instantanée MSN Messenger, de nombreuses fonctions de téléphonie et de chat qui doublonnent avec celles de Skype.

Si l’on en croit les premières réactions d’analystes, c’est avant tout par un mouvement défensif que doit s’expliquer ce rachat surprenant, pour un montant jugé aussi exorbitant. Pas question en effet, pour le géant informatique à l’image vieillissante, de laisser ses concurrents s’emparer d’un tel portefeuille d’utilisateurs. Quelle que soit la valeur réelle de la technologie de Skype ou la difficulté que Microsoft rencontrera pour digérer une telle proie, rien n’a semblé trop cher à Steve Ballmer pour s’assurer que ni Facebook ni Google, qui ont eux aussi les poches profondes, ne seraient en mesure de faire main basse sur Skype.

Reste à voir également si Skype restera longtemps dans l’orbite de Microsoft, tant le logiciel semble brûler les doigts de ses propriétaires. En neuf ans d’existence, la coqueluche de la téléphonie en ligne a changé pas moins de quatre fois de mains.

JENNOTTE,ALAIN
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