L’avion solaire ce soir à Bruxelles

Energie : Premier vol international du Solar Impulse de Bertrand Piccard

Le premier vol international du « Solar Impulse », cet avion prototype qui décolle, vole et atterrit exclusivement grâce à l’énergie solaire, devrait avoir lieu aujourd’hui. Et la destination de l’appareil n’est autre que Bruxelles !

Bertrand Piccard, son promoteur, et tous les partenaires du projet Solar Impulse ne sont guère superstitieux ! Ils ont en effet choisi ce vendredi « 13 » pour lancer leur extraordinaire oiseau à la conquête de la capitale de l’Europe. Le vol devait démarrer ce matin vers 6 heures à Payerne (Suisse). C’est à ce moment de la journée que les conditions météo y sont les meilleures, paraît-il.

Le voyage pour rejoindre l’aéroport de Bruxelles-National durera quatorze heures environ. Au total, seuls 480 kilomètres séparent, en ligne droite, les deux villes. Mais le vol en totalisera beaucoup plus. Le plan de vol de l’avion est en effet assez accidenté. En cause, l’interdiction qui lui est faite de survoler certaines zones précises comme des zones militaires ou encore des agglomérations. Inutile dès lors, à Luxembourg, Namur ou Bruxelles de passer la journée le nez en l’air : l’avion de Bertrand Piccard contournera largement ces villes.

Voilà qui explique pourquoi douze heures de vol minimum seront nécessaires pour effectuer le voyage. Les deux heures restantes seront utilisées par le pilote de l’appareil, le Suisse André Borschberg, à tourner autour de Malines et ses environs avant de pouvoir se poser sur l’une ou l’autre piste de Zaventem.

« Nous n’avons pas reçu d’autorisation d’atterrissage avant cette heure, confirme-t-on chez Solar Impulse. Parce que les créneaux (les « slots » dans le jargon) sont difficiles à décrocher dans cet environnement très fréquenté ! Après 21 heures, le trafic aérien est plus calme. »

Et puis, il y a aussi le gabarit de l’avion. Il est certes aussi grand qu’un Airbus en ce qui concerne son envergure mais il ne pèse guère plus qu’une voiture. En outre, il ne vole pas à la vitesse d’un avion à réaction. Avec ses moteurs électriques, il fait du 50 km/h de moyenne.

Toutefois, les chances de pouvoir observer l’avion en vol devraient être bonnes ce vendredi.

« Nous avons prévu de faire voler le Solar Impulse à une altitude de 3.500 mètres environ, indique le météorologue belge Luc Trullemans. Mais pour des questions de vent, il n’est pas impossible qu’on le fasse descendre jusqu’à 2.000 mètres sur certains tronçons ! »

A Bruxelles jusqu’à début juin

Signalons encore que pour les mordus, le site web du projet distillera en direct pendant le vol la position de l’avion, son altitude, sa vitesse et des images prises par les caméras installées dans le cockpit.

L’avion solaire restera jusqu’au début du mois de juin à Bruxelles. Il y sera une des vedettes de la semaine verte (Green Week) organisée par l’Union européenne. Cette année, la semaine verte est placée sous le signe de l’efficacité énergétique. Un domaine dans lequel les partenaires du Solar Impulse ont atteint des sommets ! Faut-il rappeler que l’été dernier, l’avion a effectué, à la seule énergie solaire captée par ses cellules photovoltaïques (et à l’électricité stockée dans ses batteries), un vol de nuit complet en Suisse ?

L’avion solaire devrait reprendre son envol au mois de juin pour gagner Paris. Il y sera alors une des vedettes du Salon aéronautique du Bourget, du 20 au 26 juin.

Plan de vol

Où voir le Solar Impulse ?

6 heures L’avion solaire décolle de Payerne (Suisse). Il met le cap sur le Jura et continue ensuite vers le nord. Il survole l’est de la France.

14 heures Le Solar Impulse contourne la ville de Metz par l’est.

15 heures Il se trouve à hauteur de Diekirch, au grand-duché de Luxembourg. À partir de ce moment, il met le cap sur la Belgique. L’avion devrait survoler Durbuy, voler vers Leuze et finalement contourner Bruxelles par l’ouest.

19 heures Il vole en cercle du côté de Malines en attendant l’autorisation de se poser à Zaventem.

21 heures (au plus tôt) L’avion solaire se pose sur le tarmac de l’aéroport de Bruxelles. Il y sera hébergé dans le hangar nº 117, situé du côté de l’aérogare militaire de Melsbroek.

www.solarimpulse.com Le premier vol international de l’avion imaginé par Bertrand Piccard pourra aussi être suivi en direct sur le site du projet. Il en ira de même avec les vols européens ultérieurs.

Brouillard et vent sous surveillance

Luc Trullemans, vous surveillez la météo pour le voyage de ce vendredi du Solar Impulse vers Bruxelles comme vous l’avez fait pour ses précédents vols. Tout s’annonce bien ?

Pour vendredi, la météo est parfaite sur le trajet de l’avion. J’ai juste deux petites appréhensions. La première concerne le décollage. On prévoit encore de la pluie d’ici au décollage. Cela pourrait donner naissance à du brouillard vendredi matin. Il est hors de question que l’avion décolle dans les nuages. C’est un avion solaire, dois-je vous le rappeler ? Au pire, cela conduirait à un délai d’une heure ou deux au décollage. Ma seconde appréhension porte sur le petit vent d’est qui soufflera vers 21 h, au moment de l’atterrissage. Le Solar Impulse est très sensible au vent. Si celui-ci est trop important et trop latéral, cela peut compromettre son atterrissage à Zaventem. Mais nous avons des solutions de rechange et des aéroports de dégagement si cela s’avérait nécessaire.

DU BRULLE,CHRISTIAN
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