Kim Clijsters, une ombre à terre

Roland Garros La Néerlandaise Rus l’a battue 3-6, 7-5, 6-1

Roland Garros s’est encore une fois refusé à Kim Clijsters. Et plus tôt que prévu. © PHILIPPE BUISSIN/BELGA

PARIS

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Aujourd’hui, demain ou après-demain, longtemps encore, sans doute, Kim Clijsters se demandera comment elle a fait pour ne pas se retrouver en seizièmes de finale de ce Roland Garros 2011. Il faisait frisquet, les nuages couvraient le central et le vent était plutôt mauvais, mais, après une petite heure de jeu, ce jeudi, lors de son match du deuxième tour contre la Néerlandaise Arantxa Rus, une « jeunesse » de 20 ans déjà tout heureuse de se retrouver face à l’une de ses idoles, la Limbourgeoise, certes un peu laborieuse, avait malgré tout dompté les éléments pour mener 6-3, 5-2. A cet instant du match, cela fleurait bon quelques promenades supplémentaires aux Tuileries ou au parc Monceau pour Jada…

Et puis, sans que l’on sache très bien pourquoi ou comment, la machine s’est subitement enrayée. Clijsters a encore eu deux balles de match à 5-2, 40-A et à 5-4, 30-40, mais les bonnes nouvelles, pour elle, se sont arrêtées là. Parce qu’elle s’est surtout mise, dès cet instant, à faire gonfler ses statistiques négatives, qui avaient déjà pas mal démarré.

Dire que Rus n’a rien dû faire pour l’emporter serait évidemment injurieux. La 114e joueuse mondiale, qui a eu le mérite à la fois d’y croire et de rester d’un calme absolu jusqu’au bout, a notamment un coup droit lifté (de gauchère) qui ne présente guère de déchet.

Mais il lui a souvent suffi de renvoyer la balle et d’attendre la faute de la Belge pour accumuler les points. Clijsters, qui a continué à se précipiter et à s’entêter au lieu de calmer le jeu dans les moments difficiles, a accumulé 10 doubles fautes et 65 fautes directes (pour 3 et 22 à son adversaire). Elle a aussi laissé son adversaire prendre 5 jeux consécutifs dans le deuxième set et 6 autres dans le troisième. Et, au bout du compte, c’est une véritable déroute qu’elle a enregistrée en s’inclinant 3-6, 7-5, 6-1. Une déroute qui, dans des proportions certes moins exagérées dans les chiffres, a fait penser, dans son scénario, à celle survenue au troisième tour de l’Open d’Australie 2010 contre Nadia Petrova (6-0, 6-1).

La Limbourgeoise était venue à Paris pour combler un manque et pour exorciser son aversion présumée pour la terre battue. Elle avait mis les bouchées doubles pour rejoindre la porte d’Auteuil après s’être stupidement blessée au pied il y a six semaines lors du mariage de son cousin, ce qui semblait démontrer qu’elle avait vraiment envie d’« en être ».

Mais la manière avec laquelle elle s’est laissée mener jusqu’à l’abattoir par une joueuse qui ne disputait que son troisième tournoi du Grand Chelem reste étonnante. Aujourd’hui, elle se retrouve avec une tonne de questions, très loin du Grand Chelem que certains lui prédisaient, et sans espoir de ravir à Caroline Wozniacki la place de no 1 mondiale à la fin de la quinzaine. Même si elle n’en fera pas une maladie, c’est un bilan qui ne doit pas la faire rire…

VANDE WEYER,PHILIPPE
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