Le concombre et la bactérie tueurs n’ont pas atteint la Belgique

Une grande partie de l’Europe est mobilisée pour venir à bout de la bactérie Escherichia coli enterohémorragique qui est suspectée d’avoir causé la mort d’une dizaine de personnes en Allemagne et qui serait à l’origine de nombreux problèmes de santé en France, en Suisse, en Suède, au Danemark ou encore en Autriche et en République tchèque. La bactérie se serait propagée par l’entremise de concombres espagnols exportés vers l’Europe du Nord.

La Belgique n’est concernée pour l’instant ni par l’épidémie ni par le début d’affolement qui gagne les pays concernés. Et pour cause : elle n’importe pas les légumes suspects.

Chez nous, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) suit l’évolution de la situation de près et prend évidemment l’affaire au sérieux : « Pour le moment, nous n’avons décelé aucun cas de contamination, commente Pierre Cassart, porte-parole de l’Afsca. Et plus globalement, aucun lot suspect de concombres ne nous a été signalé. La raison en est simple. La Belgique est elle-même productrice de ce type de légumes. Nous n’en importons dès lors quasiment pas. »

L’Agence fédérale effectue chaque année des dizaines de contrôles préventifs. « L’an dernier par exemple, nous avons procédé au contrôle et prélevé 827 échantillons de légumes pour la recherche d’Escherichia coli enterohémorragique, indique Pierre Cassart. Aucun de ces échantillons ne s’est avéré positif. Et nous en faisons de même pour d’autres types d’aliments susceptibles de renfermer ce type de bactéries : des produits laitiers par exemple ou encore de la viande crue comme l’américain. »

En ce qui concerne d’autres légumes placés sous surveillance dans les pays voisins, telles les tomates et les salades, le porte-parole de l’Agence fédérale belge est catégorique : « Nous n’avons reçu aucune alerte en ce sens. Seuls les concombres en provenance d’Espagne sont actuellement placés sous surveillance au niveau européen. »

Les intoxications par la bactérie E. coli enterohémorragique ne sont cependant pas absentes de Belgique. Mais elles restent particulièrement rares. L’an dernier, seuls une vingtaine de cas ont été recensés dans le pays et ils n’étaient pas tous dus à la consommation de légumes contaminés. A propos des mesures de prudence à adopter, l’Afsca n’émet actuellement aucune recommandation particulière.

« En ce qui concerne les concombres, nous n’avons aucune raison de déconseiller leur consommation », indique Pierre Cassart, qui conclut toutefois par un conseil pratique : « Avant de les manger, il suffit de bien les laver. Nous conseillons toutefois aussi de les peler. Les éventuelles bactéries se situent en effet sur la peau et non dans la chair du légume. »

Les concombres infectés par Escherichia coli enterohémorragique ont débarqué en Europe via le port allemand de Hambourg. C’est logiquement dans cette ville que les premiers problèmes de santé ont été constatés. Dans cette ville, 300 personnes ont été infectées ou présentent des troubles pouvant être associés à la bactérie, depuis jeudi. Mais il est prématuré d’afficher un bilan humain complet : dimanche soir, les autorités allemandes estimaient de deux à dix le nombre de décès susceptibles d’être en lien avec la bactérie.

« Tant que les experts en Allemagne et en Espagne ne sont pas capables d’identifier avec certitude l’origine de l’agent pathogène, l’alerte générale sur les primeurs reste valable », a déclaré la ministre allemande pour l’Alimentation, l’Agriculture et la Protection des consommateurs, Ilse Aiger. Les enquêtes se poursuivent en Espagne et en Allemagne.

Deux malades suspects ont été enregistrés en France, mais de retour d’un séjour en Allemagne. L’Autriche et la République tchèque ont pris des mesures pour retirer les lots de concombres incriminés de la distribution.

La bactérie E. coli entérohémorragique

La flambée de cas d’intoxications avec diarrhées sanglantes est due à une rare souche bactérienne identifiée en Corée en 2005, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). La contamination est due à la bactérie Escherichia coli, produisant des Shiga-toxines (ou vérotoxines) : ce groupe comprenant quelque 200 différentes souches bactériennes, dont certaines provoquent des hémorragies intestinales (entérohémorragies) et peuvent entraîner la mort, surtout chez le jeune enfant. La souche précise (0104/H4) isolée lors de la flambée actuelle est « très rare », relève l’ECDC.

Jusqu’alors, un seul cas concernant une femme en Corée en 2005 avait été rapporté dans une publication scientifique, précise l’ECDC, basé à Stockholm.

La répartition des cas graves, c’est-à-dire des syndromes hémolytique et urémique (SHU) qui entraînent une destruction des cellules sanguines et des atteintes rénales, est « très atypique » en ce qui concerne l’âge et le sexe des personnes touchées, relève aussi l’ECDC.

Le site www.eurosurveillance.org rappelle les nécessaires précautions pour éviter la contamination : éviter de consommer des tomates crues, des concombres et de la laitue, « en particulier dans le nord de l’Allemagne ». (afp)

DU BRULLE,CHRISTIAN,DEFFET,ERIC,AFP
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