Stromae, évidemment

Musique Les Octaves de la Musique l’ont récompensé deux fois

Stromae reçu par Jean-Charles Luperto, on devine le visage dans le miroir © Pierre-Yves Thienpont/Le Soir

La huitième cérémonie des Octaves s’est tenue, mardi, à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve. Elle a fort logiquement récompensé Stromae qui s’en retourne avec deux Octaves : artiste de l’année et spectacle de l’année. Deux catégories où concouraient également Puggy et Baloji. Puggy a un prix de consolation grâce au public de Bel-RTL alors que Baloji avait déjà obtenu, en 2008, les Octaves de l’album de l’année et de la Chanson française, pour Hotel Impala.

Jusqu’ici limitées à huit trophées, les Octaves de la Musique se sont enfin enrichies de quatre nouvelles catégories (électro, musiques urbaines, musique contemporaine et musiques du monde) et de nouveaux prix attribués par les partenaires de l’événement. Nouveauté qui profite à DJ Elephant Power (le vétéran de l’underground), Pitcho, Jean-Paul Dessy et le projet Blindnote.

Cette évolution est louable. Elle permet ainsi de concerner tous les acteurs du secteur musical belge de la Communauté française. La ministre de la Culture, Fadila Laanan, s’est d’ailleurs montrée sensible à l’événement, avec la création d’un prix de 5.000 euros (qui va à Cupp Cave). Ce qui est très généreux vu que les lauréats d’une Octave ne reçoivent, eux, qu’un bel oiseau de métal destiné à prendre la poussière.

Les télévisions communautaires, comme l’an dernier, ont filmé la cérémonie de mardi pour une diffusion en différé alors que le Net la retransmettait en direct. S’il s’agit de mériter la comparaison des Octaves avec les Victoires de la Musique françaises ou les MIA’s flamands, il serait pourtant temps que RTL prenne véritablement ses responsabilités en diffusant en direct, et en prime time, une cérémonie transformée en une vraie émission de variétés de prestige. Avec, pourquoi pas, quelques stars étrangères invitées pour assurer un taux d’audience significatif.

Cela fait huit ans que ce souhait existe dans le milieu musical qui ne peut, par contre, que regretter l’indifférence de la RTBF vis-à-vis de cet événement organisé par RTL, la Sabam et la Médiathèque.

Sans doute faudrait-il aussi davantage impliquer le public par un système de votes par internet. Pour le moment, seul le prix Bel-RTL « Le tube de l’année » bénéficie d’un tel procédé. Pour les Octaves, il s’agit toujours de jurys professionnels jugeant sur base de nominations établies par un panel un peu flou de professionnels du secteur.

Et les artistes flamands ?

Par exemple, comment expliquer l’absence du Something You Might Like de Puggy, dans la catégorie album de l’année, trophée qu’avait emporté en 2010 MLCD ou même du Cheese de Stromae ? Le jury a dû se décider, un peu par défaut, sur base d’un choix incluant les seuls Castus, Vismets et My TV is Dead.

On peut aussi regretter le manque d’ouverture sur la production flamande – Selah Sue, Hooverphonic, Ozark Henry, An Pierlé, Arno… – systématiquement écartée alors que les MIA’s (précédemment baptisés Zamu Awards) ont déjà couronné Adamo, Stromae, Philip Catherine ou Marc Moulin.

Reste que ces Octaves tant décriées restent nécessaires. L’amélioration de leur organisation et de leur diffusion est indispensable au secteur. Elles permettent de mettre en lumière des artistes qui n’ont pas toujours touché le grand public (cette année : Cloé du Trèfle, Hoquets, Pitcho, Blindnote, DJ Elephant Power…). Des artistes qui, dans leur niche musicale, sont pourtant reconnus. Nos artistes méritent tous la reconnaissance des Stromae ou Puggy (tous deux signés en France sur Universal, rappelons-le). Tous, comme le public, ont à y gagner.

www.octavesdelamusique.be

COLJON,THIERRY
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