François Weyergans, alias F.W., rejoint les Immortels

Livres C’est le premier écrivain belge reçu sous la Coupole

Weyergans dans son habit d’académicien, réalisé par Agnès B. d’après une gravure du XVIIIe. « Elle m’a dit que je ressemblais à Voltaire », explique l’écrivain. © M. MEDINA/AFP.

Portrait

PARIS

De notre envoyée permanente

Il est toujours là où on ne l’attend pas. Aussi imprévisible que facétieux. François Weyergans à l’Académie française ! Qui l’eût cru ? Lui !

Quand il envoie une trentaine de lettres aux académiciens, il y a deux ans, on s’étonne de le voir briguer la Coupole. Un gag ? Pas du tout. En 2009, au troisième tour de scrutin, devant Didier Van Cauwelaert, c’est lui qui hérite du fauteuil de Maurice Rheims que n’avait jamais occupé Alain Robbe-Grillet, élu en 2004 mais mort en 2008 sans jamais avoir été reçu.

On imagine alors Weyergans à cent lieues de la tradition de Richelieu. Erreur. L’institution lui rappelle Cocteau et il parle de l’habit vert et de l’épée comme un gosse. Il fallait encore le voir, la semaine dernière, exhiber auprès du secrétaire perpétuel Hélène Carrère d’Encausse, l’arme reçue de son ami Maurice Béjart et sur laquelle il a fait graver un alphabet et une devise : « Plus je pense, plus je pense ».

Blasé, Weyergans ? Pas le moins du monde. Et pourtant il en a collectionné, des prix. Son premier roman, Le Pitre, reçoit le prix Roger Nimier en 1973. En 1981, c’est Macaire le copte qui est distingué par le prix Rossel. La Démence du boxeur reçoit le Renaudot en 1992. Puis vient encore le Goncourt, en 2005, pour Trois jours chez ma mère (Grasset), un roman qu’il a mis pas moins de huit ans à écrire.

Car François Weyergans publie peu. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire beaucoup. Même ses fameux textos sont des morceaux de littérature… Ses textes sont construits, montés comme des films. Ce n’est pas un hasard : l’écrivain se destinait d’abord au cinéma et se fit connaître par un documentaire sur Béjart.

Le nouvel académicien allie l’exigence et le succès. Ses livres sont traduits dans le monde entier. Dans le dernier numéro de la revue Le Carnet et les Instants, il raconte d’ailleurs que la traduction en mandarin de Trois jours chez ma mère est meilleure que celle en chinois simplifié. « Cela m’a été confirmé par une hôtesse de l’air très cultivée », note-t-il. Car il parle avec tout le monde, Weyergans, et cultive les amitiés hors des sentiers battus. Que n’a-t-on glosé sur sa proximité avec Johnny Hallyday ou Jean-Luc Delarue ?

Avec François Weyergans, c’est la première fois qu’un écrivain belge entre à l’Académie française. De Bruxelles, où il est né d’un père belge, l’écrivain Franz Weyergans, et d’une mère française, et où il a fait ses études à St-Michel et St-Boniface, le premier souvenir qu’il cite est souvent le même. Celui de la place Rouppe, près de la gare du Midi. Là où Verlaine tira sur Rimbaud…

MESKENS,JOELLE
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