Cinéma « Cars 2 » arrive sur nos écrans le 6 juillet

Pixar célèbre 25 ans d’excellence

« Cars 2 » carambole sur nos écrans dès le mercredi 6 juillet. L’amateur de bonnes bagnoles qu’est John Lasseter a réalisé la suite de son « Cars ». © pixar.

Hollywood

De notre envoyé spécial

On a du mal à le concevoir, dans la mesure où le premier long-métrage d’animation de Pixar date de 1995 (Toy story, de John Lasseter). Mais les désormais légendaires studios californiens fêtent cette année le vingt-cinquième anniversaire de leur naissance. En 1986, John Lasseter signait déjà un court-métrage, Luxo Jr., mais la concrétisation de films à grand public dut attendre près d’une décennie.

Pour l’occasion, ce lundi à Los Angeles, on a mis les petits plats dans les grands. Et profité de la première mondiale du petit dernier, Cars 2 (toujours de Lasseter, et qui sera sur nos écrans le 6 juillet) pour célébrer ce qu’il faut bien considérer aujourd’hui comme une incroyable « success story », marquée par une douzaine de classiques, des triomphes populaires aux quatre coins de la planète, une critique la plupart du temps unanime, et accessoirement par pas moins de 26 Oscar, récoltés depuis 2001.

Tout n’était pourtant pas gagné, loin de là, nous explique Ed Catmull, président et cofondateur de Pixar : « On s’est cherché pendant des années. Les débuts furent difficiles. On n’a pas toujours pris les bonnes décisions. Après la petite révolution que symbolisa Toy story, qui propulsait soudain le film d’animation dans le monde de l’image de synthèse, il y eut même une crise interne. Le tournant se passa quatre ans plus tard, avec Toy story 2 (NDLR : qui succéda à 1001 pattes). Il fallait réinstaller un univers connu, le défi était grand, les pressions et doutes se firent croissants. Pour moi, c’est notre moment important. Même s’il y en eut d’autres par après. Le succès venant et se confirmant, le grand public nous attendait chaque fois au tournant. Et il fallait alors se surpasser à chaque fois. Et surprendre. On a été obligé de mettre la barre très haut. »

Pour John Lasseter, présent à Hollywood comme réalisateur, cofondateur de Pixar et directeur de la création, s’il y a une recette à la décennie glorieuse que vient de vivre Pixar, elle n’est pas à rechercher dans une stratégie commerciale. Et surtout ne lui parlez pas de faire du fric avec Cars 2 : Lasseter a grandi dans le monde des voitures, son père était concessionnaire Chevrolet et le fils a hérité de la même passion. Elle est sincère, on peut en témoigner pour avoir bavardé lundi avec l’homme.

« Non, rectifie Lasseter, la grande question qui nous a toujours occupés, ce n’est pas tant les nouvelles technologies que le souci permanent de raconter une bonne histoire et de créer des personnages forts et attachants. Ce qui se traduit par une obsession de la qualité. Il faut apporter une marque. Une signature singulière. Et passer l’examen du temps. La qualité, qui passe par beaucoup de travail, c’est l’épreuve du temps. Quand un film est fini, vous savez qu’il existera en DVD, et que les enfants auront à cœur de le revoir des dizaines de fois… ou pas ! »

Denise Ream, productrice chez Pixar (et sur Cars 2) depuis 2006, confirme l’exigence presque obsessionnelle des artisans de la ruche Pixar : « Pour Cars 2, on s’est projeté dans les studios le film jusqu’à huit fois. Avec chaque fois de grands brainstormings, afin de faire évoluer le produit fini. C’est un travail énorme. Epuisant. Et qui exige un enthousiasme proportionnel. »

Quand on parle de Pixar, on pense à la pointe de la technologie. Mais tout va vite, et tout est relatif, rappelle Catmull : « En 1995, tout le monde s’enthousiasmait sur le côté haute technologie de notre premier Toy story. Or, vous avez vu le chemin effectué à ce niveau depuis cette époque ! Et vous allez voir, ça va encore beaucoup bouger dans les prochaines années. »

La philosophie de Pixar ? « Faire des films pour tout le monde, reprend John Lasseter. Parce qu’on est convaincu que les enfants sont très intelligents. » Catmull enchaîne : « Il ne faut jamais oublier que les enfants vivent dans un monde d’adultes. On n’en tient jamais assez compte. Chez Pixar, on essaie précisément d’en tenir compte. » On fait remarquer à l’un comme à l’autre que leur amour des personnages les emmène le plus souvent à choisir des formes étranges pour héros : voitures (Cars), monstres (Monstres et Cie), poissons (Nemo), rats (Ratatouille), robots (Wall-E), insectes (1001 pattes), marionnettes (Toy story)… ou superhéros (Les Indestructibles). « C’est exact, observe Catmull. Mis à part dans Là-haut, les humains sont peu présents. » Lasseter s’empresse d’anticiper : « Mais ils vont revenir d’ici peu. Notre prochain Pixar, qui s’appellera Brave, sera une histoire médiévale écossaise. Cela ressemblera de loin à un conte de fées… mais à la sauce

Pixar. Puis, on attaquera une sorte de prequel, de prologue, au film Monsters, qui compte pas mal de fans. »

L’avenir de Pixar, à plus long terme ? Il n’est pas dans tel ou tel projet, affirme Catmull.

« C’est plutôt un projet de fond, qui tient d’une philosophie qui nous tient tous ici à cœur. Celui de parvenir à influer sur la culture de façon positive. En ramenant l’émotion et l’humanité au centre de nos créations. »

Les chiffres

Née en 1986, la société Pixar a lancé neuf ans plus tard son premier long-métrage d’animation, en images de synthèse, sur le marché international . Depuis Toy Story (1995), le catalogue s’est enrichi de onze films (sans compter de nombreux courts). Et chaque fois ce furent des succès commerciaux et critiques. Au sommet du box-office, Toy Story 3 (2010), avec 1.063.171.911 dollars de recettes. Suivent, dans l’ordre décroissant, Le monde de Nemo, Là-haut, Les Indestructibles et Ratatouille.

Depuis la création en 2001 de l’Oscar du meilleur film d’animation, les studios Pixar ont raflé six trophées (Nemo, Les Indestructibles, Ratatouille, Wall-E, Là-haut et Toy story 3), soit plus d’un sur deux. Cela sans préciser que 26 Oscar ont récompensé les films réalisés par John Lasseter, Brad Bird, Peter Docter and co. En 2006, Pixar a été racheté par Walt Disney Company. Lasseter, qui a commencé chez Disney, a si bien cultivé la marque et la différence de Pixar, que les studios de San Francisco se sont intégrés, à titre de filiale, à Walt Disney. Sans y perdre son identité.

Six films qui ont marqué l’animation

1995 Toy Story. Le premier Pixar de l’histoire. Réalisé par Lasseter lui-même. Avec Woody et Buzz l’Eclair.

1998 1001 pattes. Le nº2. De John Lasseter et Andrew Stanton.

2003 Le monde de Nemo. D’Andrew Stanton et Lee Unkrich.

2007 Ratatouille. Le rat de cuisine, réalisé par Brad Bird, Oscar. © PIXAR.

2008 Wall-E. Le robot nettoyeur. Réalisé par Andrew Stanton.

2009. Up. Là-haut en français. A ouvert le Festival de Cannes. Golden Globe et Oscar du meilleur fuilm d’animation.

CROUSSE,NICOLAS
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