Duchâtelet s’offre le Standard

Le Standard racheté par le millionnaire flamand Roland Duchâtelet © Michel Tonneau

Quand nous avons révélé le 3 juin dernier l’existence de négociations en vue du rachat du Standard par la société d’investissements Value8, tout le monde semblait alors réaliser que le club principautaire était effectivement en vente.

Vingt jours plus tard, la transaction est entérinée. Mais pas avec le groupe néerlandais, auquel sa lenteur dans l’étude du dossier a sans doute été préjudiciable. En effet, si des représentants de Value8 étaient encore présents, lundi, à Sclessin, pour éplucher une fois de plus les comptes de la S.A. liégeoise, Peter Paul de Vries n’avait plus la main : il n’avait pas confirmé son offre pour le 15 juin. D’autant que, quelques jours plus tôt, Roland Duchâtelet avait pris langue avec le clan Louis-Dreyfus. Avec une rapidité déconcertante en agissant comme s’il savait exactement où il allait mettre les pieds, l’homme d’affaires flamand passait à l’action, la nuit dernière, en s’offrant les Rouches pour un montant de 41 millions.

Duchâtelet a donc mis fin à une saga qui a fait couler beaucoup d’encre. Depuis que Value8 a confirmé sa volonté de racheter le Standard, de nombreuses rumeurs ont été colportées alors qu’au final, seul Value8 et Duchâtelet ont fait une offre. L’homme d’affaires anversois Robert Lesman, ancien actionnaire du Standard, a certes marqué son intérêt, mais il n’a jamais communiqué la moindre offre. Certains ont également avancé que Lucien D’Onofrio cherchait à s’allier avec ses amis Bernard Tapie et Flavio Briatore pour ne pas laisser partir le club aux Pays-Bas. Là non plus, rien de concret. Les hommes politiques du sud du pays ont ensuite manifesté leur inquiétude, André Antoine, ministre des Sports, se déclarant même « disponible pour suivre la situation du premier club wallon ». Trop tard. Enfin, les supporters ont marqué leur préoccupation via leur sympathique projet « Nous voulons acheter le Standard »… qui n’avait aucune chance de recueillir les faveurs des actionnaires.

D’autant que, dans la nuit de mercredi à jeudi, tout s’est brusquement accéléré. Dans la plus grande discrétion, Duchâtelet a racheté le Standard, une information confirmée par un communiqué des actionnaires de la société anonyme liégeoise soulignant que « nous avons l’intime conviction qu’il prendra soin de notre club comme il le mérite ».

Le Standard vendu, son conseil d’administration a d’emblée présenté sa démission. CA composé de 3 personnes : Lucien D’Onofrio, administrateur délégué et vice président, Reto Stiffler, président et hôtelier à Davos, et Paul Delbouille, avocat liégeois.

Forcément, du côté de Saint-Trond, dont Duchâtelet était président du conseil d’administration, les choses devaient également bouger puisque personne ne peut être impliqué dans deux clubs à la fois. L’homme d’affaires né à Anvers a donc démissionné de toutes ses fonctions au Staaien avant de revendre bientôt les Canaris puisqu’il aurait déjà un repreneur intéressé. Ce qu’espèrent certainement les joueurs limbourgeois qui ont appris la nouvelle à l’entraînement…

Quoi qu’il en soit, pour préparer l’avenir du Standard, Roland Duchâtelet a discuté avec Pierre François, le directeur général des Rouches, dès jeudi après-midi, dans le Limbourg. Car les chantiers ne manquent pas au Standard, puisque la succession de Dominique D’Onofrio est toujours ouverte.

Qui sera le nouvel entraîneur des Rouches ? « C’est une décision importante qui peut attendre deux ou trois jours pour finaliser un projet auquel nous croyons », dit Pierre François.

Et avec quel staff puisque seuls Namurois (préparateur physique), Dembélé et Galjé (mais jusqu’au 30 juin) sont toujours sous contrat mais sans savoir de quoi leur avenir sera fait ?

Et surtout, qui va assurer la gestion sportive du club car le départ de D’Onofrio oblige les Rouches à trouver un directeur technique. Il est évident que Duchâtelet ne peut pas assumer cette mission à Sclessin comme il le faisait au Staaien. Une voie royale se dégage-t-elle pour Marc Wilmots ?

Enfin, la coïncidence veut que, jeudi soir, le Standard présentait son nouveau maillot. Mais en l’absence de son nouveau propriétaire. Duchâtelet était désireux, selon les dires de Pierre François confirmé dans ses fonctions de directeur général, de « faire le tour du propriétaire avant de s’exprimer à Liège, dans quelques jours ».

PAIROUX,ETIENNE
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