Embellie sur l’Olympe européen

Grèce Adoption du nouveau plan d’austérité à la veille d’un autre vote sensible

LANCE-PIERRES des manifestants contre gaz lacrymogènes de la police : devant le Parlement, le vote sur le plan d’austérité a été suivi sous très haute tension… © ORESTIS PANAGIOTOU/ EPA.

Alexandre Athanassiadis a dit oui au nouveau plan d’austérité. Comme les 153 autres parlementaires qui l’ont adopté hier (contre 138), permettant à la Grèce de reprendre son souffle. Logiquement, la décision de libérer une nouvelle tranche de 12 milliards d’euros devrait être prise dimanche par ses partenaires européens.

Socialiste issu de la majorité appuyant le Premier ministre Georges Papandréou, Alexandre Athanassiadis représentait pourtant une sérieuse inconnue lors de ce vote réputé également crucial pour l’avenir de la zone euro et pour l’économie mondiale. Si Papandréou pouvait compter théoriquement sur les 155 députés de son parti, le Pasok, sa majorité était en réalité divisée et l’est toujours. Le vote d’Athanassiadis était particulièrement attendu.

Plus largement, ce député issu du département de Kozani (nord-ouest) est représentatif du dilemme qu’ont dû mettre en sourdine bien des socialistes grecs. Comment en effet voter pour l’austérité quand on a été élu sur base d’un programme de gauche ? Comment accepter la privatisation des entreprises publiques sans décevoir leur personnel, une clientèle capable de faire (et de défaire) un parlementaire ? Or, c’est dans le département de Kozani qu’est installée une importante unité de la DEI, l’entreprise publique d’électricité appelée à être privatisée. Depuis plusieurs jours, ses employés procèdent à des coupures sauvages de courant qui touchent les villes.

Alexandre Athanassiadis a pourtant voté oui, ce qu’il lui a valu d’être peu après la cible de projectiles devant le Parlement. Pourquoi ? La conviction qu’il n’y avait pas d’autre solution pour la Grèce ? La consigne de vote qui a valu hier à un autre député socialiste, Panayotis Kouroublis, d’être éjecté du Pasok pour l’avoir enfreinte ? La mobilisation insuffisante de la rue, les manifestations rassemblant moins de personnes que par le passé ?

Alors que des heurts opposaient policiers et manifestants devant le Parlement et que la grève générale de 48 heures se poursuivait, les marchés se sont réjouis de l’adoption du nouveau plan d’austérité grec – des économies pour 28,4 milliards et des privatisations à hauteur de 50 milliards d’ici 2015. Le pétrole est parti à la hausse, l’euro a continué à prendre du galon face au dollar, les Bourses ont profité de l’embellie… Et les dirigeants de l’UE ont montré toute leur satisfaction : le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a salué la « responsabilité nationale » du parlement grec.

Les banques sous pression

La messe n’est pas dite pour autant. Un autre vote doit avoir lieu aujourd’hui sur les lois d’application censées permettre la réalisation du nouveau plan d’austérité. Un retournement de situation ne peut être en principe exclu.

La balle est également dans le camp du secteur privé. La chancelière Angela Merkel a mis hier la pression sur les banques allemandes pour qu’elles s’impliquent dans le sauvetage de la Grèce. Elles détiennent déjà 10 milliards d’euros de ses obligations et redoutent le coût d’une nouvelle opération. Des discussions sont en cours, une solution étant attendue dimanche. Les banques françaises ont de leur côté proposé de réinvestir de suite en titres grecs 70 % des sommes perçues quand Athènes leur remboursera leurs obligations arrivant à échéance.

MARTIN,PASCAL
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