De l’oxygène pour la Grèce

Zone euro Un nouveau plan d’aide de 158 milliards d’euros

Sarkozy et Merkel : des projets pour la gouvernance économique européenne. ©afp.

Cette fois, sera-ce la bonne ? Les dix-sept chefs d’Etat ou de gouvernement de la zone euro étaient à nouveau, jeudi, au chevet de la Grèce – et de l’euro.

Au terme d’un sommet plus long que prévu, ils se sont entendus sur un deuxième plan d’aide à Athènes, extrêmement complexe, et dont certaines dispositions pourraient être sujettes à controverse.

Cependant, les Bourses européennes avaient positivement anticipé l’issue des discussions, hier après-midi : enthousiastes, elles avaient bondi de 2 à 4 % peu de temps avant leur clôture. De son côté, la monnaie commune avait poursuivi son rebond dans l’après-midi, et s’était même brièvement échangée à 1,44 dollar.

L’accord d’hier avait été longuement préparé mercredi soir à Berlin, lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Angela Merkel. « Il s’agit de donner plus de chances à la Grèce de s’en sortir, d’alléger le fardeau de sa dette », a résumé hier soir le président français. Globalement, le compromis atteint prévoit d’allonger la durée des prêts à la Grèce et en même temps de réduire les taux d’intérêt qui lui sont appliqués. Il prévoit également une implication du secteur privé, à travers une baisse des taux d’intérêt pour les prêts futurs.

Jeudi, la tâche n’a pas été aisée. L’exercice était technique et… fortement symbolique !

Les sujets abordés étaient d’une rare technicité : ni les chefs d’Etat ou de gouvernement ni leurs conseillers principaux ne sont en réalité familiers des méandres de la finance internationale.

Et il fallait surtout prendre toutes les précautions pour convaincre – d’une part les agences de notation, dont le pouvoir est devenu colossal, et d’autre part « les marchés » – où sont, du reste, tapis les spéculateurs.

Les agences de notation sont aux aguets ! La formule retenue hier soir pourrait-elle être assimilée à un défaut de paiement de la Grèce ? Nicolas Sarkozy a botté en touche : « Moi, je ne suis pas une agence de notation, je n’emploie pas ce vocabulaire ! », a-t-il lancé, tout en reconnaissant que la dette grecque était « lissée ». « Mais la Grèce paiera sa dette », a-t-il conclu.

Un pays de la zone euro incapable de rembourser ses dettes à l’échéance ? En « faillite » partielle ? La simple perspective était considérée comme taboue voici quelques semaines à peine. La balle est à présent dans le camp des agences de notation, qui vont interpréter l’accord d’hier soir…

Cette « crise grecque » à épisodes avait déjà accéléré la mise en place d’un début de gouvernance économique européenne. La zone euro pourrait aller plus loin. Le président français et la chancelière allemande ont en effet annoncé vouloir faire des propositions en ce cens, « avant la fin de l’été ». « Il faut saisir l’occasion pour faire un saut qualitatif dans la gouvernance de la zone euro », a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a évoqué « l’animation de la zone euro » et « une agence de notation européenne ».

En voici une nouvelle preuve : ce sont les crises qui font avancer l’Europe !

LABAKI,MAROUN
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