La navette spatiale s’est définitivement posée

Espace Le retour sur Terre d’Atlantis, jeudi, marque la fin de 30 ans de vols de navettes américaines

Dernière mission, jeudi, pour la navette Atlantis. © WIN MCNAMEE/AFP.

Partie le 8 juillet, Atlantis a atterri jeudi à Cap Canaveral, en Floride, à l’issue de la 135e et dernière mission des navettes spatiales américaines. Atlantis s’est posée à 5h57 (11h57 en Belgique), mettant le point final à 30 ans de vols de navette.

Columbia avait été la première à rejoindre l’espace, le 12 avril 1981. Lancé au début des années 70, le programme aura été marqué par des succès, comme la remise en état du télescope spatial Hubble, mais aussi deux accidents qui ont tué 14 astronautes.

La dernière mission des quatre astronautes d’Atlantis a consisté à ravitailler la Station spatiale internationale. L’ISS a reçu plus de quatre tonnes de vivres, pièces détachées et vêtements, de quoi tenir pendant un an.

« Après avoir servi le monde pendant 30 ans, la navette spatiale a gagné sa place dans l’histoire », a déclaré par radio le commandant de bord Christopher Ferguson peu après l’atterrissage.

« Beau boulot, Amérique », a répondu le centre de contrôle de mission, à Houston. « La navette spatiale a changé la façon dont nous voyons le monde, et notre univers. Il y a beaucoup d’émotion, aujourd’hui, mais il y a une chose indiscutable. L’Amérique ne va pas cesser d’explorer », a ajouté Christopher Ferguson.

A l’issue de son 33e et dernier vol, Atlantis, la plus récente de la flotte, sera exposée au public au Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral. Discovery, la première à partir en retraite en mars, rejoindra un hangar de l’institution Smithsonian en Virginie. Endeavour, revenue le 1er juin, sera exposé au Centre scientifique de Californie à Los Angeles. Deux navettes ont été détruites : Challenger a explosé en vol, le 28 janvier 1986 ; Columbia s’est désintégrée le 1er février 2003, lors de la rentrée dans l’atmosphère.

Malgré ces accidents, les navettes auront transporté davantage d’humains que n’importe quelle autre flotte spatiale : 355 personnes au total, issues de 16 pays. Les cinq navettes, en 30 ans, ont parcouru 872 millions de kilomètres et passé 1.333 jours dans l’espace.

Mais le programme n’a pas tenu, loin de là, ses promesses initiales : des lancements fréquents qui rendraient les voyages dans l’espace relativement sûrs et économiques. La décision d’arrêter fut prise en 2004. Ce qui va entraîner 7.000 suppressions d’emplois, notamment au Centre spatial Kennedy.

En attendant que des sociétés privées sous contrat avec la Nasa commercialisent des lanceurs – d’ici au moins trois ans, et peut-être dix –, l’agence spatiale s’en remet aux Soyouz russes pour le transport des astronautes entre la Terre et la Spation station internationale, qui devrait rester en service jusqu’en 2020. (ap)

ASSOCIATED PRESS
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