« Je veux qu’il aille en prison »

Affaire DSK La femme de chambre du Sofitel s’exprime

Nafissatou Diallo telle qu’elle est apparue sur la chaîne de télévision ABC News. Dominique Strauss-Kahn l’aurait attaquée « comme un fou », affirme-t-elle. © Heidi Gutman/ap.

Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol, s’exprime publiquement pour la première fois depuis le début de l’affaire à la mi-mai. « Je veux qu’il aille en prison », déclare-t-elle au magazine Newsweek.

Les avocats de DSK, qui réfutent toute agression sexuelle, l’accusent de vouloir manipuler l’opinion publique alors que sa crédibilité est mise en cause.

Plus de deux mois après l’agression présumée à l’hôtel Sofitel de New York le 14 mai, et une semaine avant la prochaine comparution de DSK au tribunal le 1er août, Nafissatou Diallo apparaît à visage découvert pour raconter à Newsweek et à la chaîne de télévision ABC News sa version de l’agression présumée dans la suite de l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier l’aurait attaquée « comme un fou ».

« J’ai dit : “Monsieur, arrêtez ça. Je ne veux pas perdre mon emploi.” Il a répondu : “Vous ne perdrez pas votre emploi” », relate la jeune femme, une Guinéenne de 32 ans. « Je le pousse. Je me lève. J’ai essayé de l’effrayer. J’ai dit : “Regardez, mon superviseur est juste à côté” », déclare-t-elle à Newsweek.

Mais Dominique Strauss-Kahn lui aurait répondu que personne ne pouvait entendre.

Il aurait alors arraché la robe de son uniforme, déchiré ses collants, lui aurait agrippé violemment l’entrejambe et tenu la tête, la forçant à lui faire une fellation.

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn, Mes Benjamin Brafman et William W. Taylor III, ont dénoncé par voie de communiqué « un cirque indécent » destiné selon eux à influencer l’opinion publique. Ils ont accusé la jeune femme de mener « une campagne médiatique pour persuader le procureur de maintenir les charges contre une personne dont elle veut obtenir de l’argent », alors qu’ils demandent la clôture du dossier.

L’avocat de Diallo, Me Kenneth Thompson, a rétorqué dans un communiqué que la défense avait elle-même « monté une campagne de calomnie sans précédent contre la victime d’une agression sexuelle violente ».

« Dieu est témoin que je dis la vérité »

L’affaire Strauss-Kahn a pris une nouvelle tournure depuis que les procureurs de Manhattan ont exprimé des doutes sur la crédibilité générale de la victime présumée, leur principal témoin.

Ils affirment que la jeune femme a menti le 1er juillet sur sa situation personnelle et sa demande d’asile en 2003, ainsi que sur ce qu’elle a fait juste après l’agression présumée.

A la suite de cela, un juge a levé l’assignation à résidence de DSK et l’a remis en liberté sans caution le 1er juillet, lui interdisant cependant de quitter le territoire américain.

Me Thompson a exhorté le procureur à maintenir les charges et a demandé que le dossier soit transmis à un procureur spécial.

Nafissatou Diallo affirme dans les entretiens que son récit de l’agression présumée n’a jamais varié. « A cause de lui, on me traite de prostituée. Je veux qu’il sache qu’il y a des endroits où on ne peut pas se servir de son pouvoir, où on ne peut pas se servir de son argent. Je n’ai jamais voulu paraître en public mais je n’ai pas le choix. Dieu est témoin que je dis la vérité. » (afp)

AFP
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