La dernière vacherie d’Iznogoud

Bande dessinée Décès de Jean Tabary

© dargaud.

L’infâme grand vizir d’Haroun El Poussah a eu la peau de son homme à tout faire, le dessinateur français, Jean Tabary, décédé vendredi à 81 ans. Né en 1962, sur la machine à écrire de René Goscinny, Iznogoud a été mis en images par Jean Tabary dans le premier numéro du magazine Record. Il s’en ira plus tard comploter dans les pages de Pilote et de Pif Gadget, avant d’échouer lamentablement au petit comme au grand écran.

Quand il n’était pas encore complice des méchancetés d’Iznogoud, Jean Tabary fut un honnête staffeur. Il ornait délicatement les plafonds de sculptures en plâtre comme celles des palais des Mille et une nuits de Bagdad. C’est en 1956, à l’âge de 26 ans, que le petit Jean imagine ses premiers personnages de bande dessinée, Richard et Charlie, dont les aventures paraissaient dans le journal Vaillant. Il signe ensuite les gags absurdes et imprononçables de Grabadu et Gabalioutchou, que Gotlib désignera comme « les héros les plus cons de la BD » ! Après ce péché de jeunesse, il crée Totoche, puis Corinne et Jeannot, des ados à la langue bien pendue.

Jamais en reste d’une idée au cœur gros comme un rouge qui tache, Jean Tabary invente aussi, avec Goscinny, le premier héros vagabond : Valentin. Mais c’est Iznogoud qui lui apportera le grand succès populaire. Tabary poursuivra seul les exploits de « celui qui veut devenir calife à la place du calife » après la mort de son scénariste, en 1977.

Le 28e et dernier album en date de cet ignoble héros plus hargneux que Joe Dalton est paru en octobre 2008.

A relire en boucle : Valentin et les hippies (Dargaud) et Iznogoud, l’infâme (Dargaud).

COUVREUR,DANIEL
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