Un ouragan de précautions a permis d’éviter le pire

REPORTAGE

A New York, ce sont surtout des inondations et chutes d’arbres qu’Irène a provoquées. Coupures d’électricité et évacuations à la clé. © AFP,

NEW YORK

De notre envoyé permanent

Seules les enseignes géantes de Times Square témoignaient encore d’un semblant de vie à New York, transformée pour une nuit en ville fantôme. Un décor de plus en plus détrempé et, de-ci de-là, saccagé par les vents et les trombes de pluie. Dans le sud de Manhattan, mais plus encore dans les autres banlieues (Queens, Brooklyn…), certaines rues proches de la mer ou des fleuves ont été inondées, quelque 650 arbres ont été arrachés, près de 1 million d’habitants ont été privés d’électricité… Pourtant, le choc de l’ouragan Irène, rétrogradé en tempête tropicale, a été moins fort que redouté. Ce « monstre » comme le qualifiaient les météorologues, avait perdu de sa puissance. Et, alors qu’il avait atteint la taille de l’Etat du Texas, il est passé sur la métropole américaine bien plus vite que prévu, limitant d’autant les dégâts.

Durant la nuit de samedi à dimanche, adoptant des mesures sans précédent, les autorités avaient ordonné l’évacuation de quelque 370.000 personnes dans les quartiers susceptibles d’être inondés. Aéroports, gares et stations de métro avaient été fermés, pas un bus ne roulait : le maire Michael Bloomberg a préféré donner le sentiment de « surréagir » plutôt que de minimiser le danger. « Nous ne voulions prendre aucun risque avec la vie des gens », assurait-il dimanche, confirmant que le gros de la tempête était passé. Des milliers de malades avaient été évacués des hôpitaux situés dans les zones à risque ; les patrouilles de police étaient partout. Alors que le passage d’Irène a fait au moins 15 morts sur son passage depuis qu’il a d’abord touché la Caroline du Nord, cet ouragan de précautions a permis à New York de s’en tirer sans déplorer, semble-t-il, la moindre victime.

En réalité, ce n’est pas seulement la vigilance des services de la mairie qui n’a laissé aucune chance à Irène. Les jours précédents, tous les New-Yorkais avaient contribué à rendre la ville sûre, retirant tous les objets des balcons, renonçant à descendre leurs poubelles, remplissant leur frigo pour tenir en cas de siège prolongé, installant parfois des sacs de sable devant les commerces fermés. Certaines banques avaient même prévenu qu’elles allaient vider leurs distributeurs d’argent, provoquant de longues queues aux guichets.

Wall Street ouvre ce lundi

Sans le dire trop fort, les autorités craignaient aussi l’effet conjugué des inondations et du tremblement de terre qui a frappé la ville il y a une semaine. Le gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo, admettait avec un certain soulagement dimanche que les barrages et autres grandes installations avaient résisté sans encombre à cette double attaque des éléments. Un moment redoutées, des éventuelles scènes de pillages dans les quartiers évacués ne se sont pas produites.

André Thomas, 49 ans, fait partie des centaines de personnes qui, malgré les appels incessants des autorités, se sont laissé piéger par le passage de la tempête à New York. « Les rues étaient désertes, et le vent soufflait de plus en plus fort », raconte cet habitant du New Jersey. Incapable de rentrer chez lui, il a fini par trouver refuge dans une école transformée en abri. « Je me suis retrouvé ici avec toutes sortes de gens. Des homeless aussi bien que des touristes allemands. Tout était parfaitement réglé. On avait même le choix entre deux menus différents », sourit l’homme à qui on a placé au poignet un bracelet avec son nom.

La ville ne devait pas connaître un retour à la normale avant plusieurs jours. Mais les joggeurs et les touristes avaient refait leur apparition dimanche matin, autour d’un Central Park encore fermé pour cause de chute d’arbres. Il était prévu que la Bourse de Wall Street soit ouverte lundi, et que les habitants évacués commencent progressivement à regagner leur maison.

Même si Irène devait encore traverser le reste de l’Etat de New York ainsi que la Nouvelle-Angleterre, l’administration Obama pouvait elle aussi commencer à respirer. Sur les télévisions nationales, gouverneurs, maires et habitants saluaient à qui mieux mieux l’efficacité de la réponse de la Maison-Blanche et de la Fema (Federal Emergency Management Agency). Cette même agence qui avait vu sa réputation s’effondrer après le passage de l’ouragan Katrina sur La Nouvelle-Orléans, en août 2005…

Aucun Belge touché

Aucun ressortissant belge résidant sur la côte est n’a jusqu’à présent fait appel au consulat de Belgique basé à New York, indiquaient dimanche les Affaires étrangères : « Il n’y a pas de désastre à l’heure actuelle. » 3.000 à 4.000 ressortissants belges résidant dans la zone concernée par la tempête. A ce chiffre s’ajoutent de nombreux touristes : cinq vols vers la région sont assurés quotidiennement au départ de Bruxelles. (b)

LEMA,LUIS
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