Record de minceur pour la glace arctique

Environnement : 4,2 millions de km2 en 2011

L’artiste américain john Quigley a sculpté dans la glace de l’océan arctique « l’homme de Vitruve », célèbre esquisse de Vinci, pour attirer l’attention sur le réchauffement climatique. © AFP.

Un peu plus de 4.240.000 kilomètres carrés. C’est l’étendue de glace qui, au 8 septembre dernier, recouvrait l’Arctique, le pôle Nord. Il s’agirait, selon des chercheurs de l’Institut de physique environnementale de l’université de Brême, d’un record historique depuis le début des observations par satellites, en 1972. Cette superficie était de 7,5 millions de km2 en 1980, de 6 millions en 1990, de 5,4 millions en 2005. L’érosion est significative et continue. La mesure de 2011 est inférieure d’environ 0,5 % au précédent record de septembre 2007, a souligné Georg Heygster, responsable du département de télédétection de l’institut allemand.

Ces chiffres sont à peine légèrement différents de ceux du centre américain spécialisé dans l’observation de la neige et de la glace (NSIDC), selon lequel le précédent record s’établissait à 4,1 millions de km2. L’écart entre les deux chiffres s’explique par des données et des modes de calcul légèrement différents, mais « les résultats sont cohérents dans les deux cas », a détaillé Heygster à l’Agence France Presse. Et de s’attendre à ce que le NSIDC parvienne à la même conclusion que lui dans les prochains jours. La saison de fonte des glaces n’étant pas encore terminée, le chiffre pourrait encore diminuer.

« Il semble clair qu’il s’agit d’une nouvelle conséquence du réchauffement climatique dont l’homme est le premier responsable, indique le patron de l’équipe allemande. En conséquence, les conditions de vie de petits animaux, d’algues, de poissons, ainsi que de mammifères comme les ours polaires deviennent de plus en plus précaires. »

Plus chaud au Nord

« Le recul de la glace de mer ne peut plus être expliqué par la variabilité naturelle d’une année à l’autre, indique Georg Heygster. Les modèles climatiques montrent plutôt que ce recul est lié au réchauffement climatique, particulièrement prononcé en Arctique du fait de l’albédo », la fraction de l’énergie solaire réfléchie vers l’espace, ajoute-t-il. Quand une surface auparavant recouverte de neige ou de glace réfléchissante est remplacée par une étendue de mer de couleur foncée, cette dernière absorbe plus de lumière solaire et donc de chaleur. En se réchauffant, l’eau ralentit en outre la reformation de la glace à l’automne.

Les températures dans la région Arctique ont augmenté deux fois plus vite que les températures moyennes au cours des cinquante dernières années, note le rapport de l’équipe de recherche. L’épaisseur des glaces arctiques s’est également significativement réduite au cours des récentes décennies, mais il est plus difficile de déterminer l’ampleur de ce phénomène. Reste que le constat de l’université de Brême est également cohérent avec les mesures du Polar Science Center (université de Washington) portant sur le volume de glace. De 16,1 millions de km3 en 1980, il est passé à 11,2 en 1995, 9 en 2006 et 4,3 en 2011.

DE MUELENAERE,MICHEL,AFP
Cette entrée a été publiée dans Monde, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.