Naufrage meurtrier : la colère après le deuil

Zanzibar Un ferry surchargé sombre : 240 victimes

Les dépouilles des quelque 200 victimes du naufrage, rassemblées au stade Maisara, samedi. © EPA.

Les habitants de l’archipel de Zanzibar, en Tanzanie, ont entamé, dimanche, le deuil de près de 240 victimes suite au naufrage d’un ferry, la veille. La pire des catastrophes maritimes de ces dernières années en Afrique aurait pu être évitée si le bateau n’avait pas navigué en état de surcharge, de l’aveu même des autorités.

« La plupart des bateaux privés qui assurent la liaison entre les trois îles de l’archipel de l’océan Indien sont vieux et souvent surchargés, et les autorités laissent faire. Si rien ne change, ce ne sera pas le dernier accident du genre », témoigne Abdurahman Alawi, dont sept membres de la famille se trouvaient à bord du ferry Spice Islander. Seule sa nièce a survécu.

Les habitants de Zanzibar commençaient, dimanche, à se rassembler dans le stade Maisara, à Stone Town, capitale de l’archipel, pour une cérémonie marquant l’ouverture d’un deuil national de trois jours décrété par le président tanzanien Jakaya Kikwete.

Ce même stade avait accueilli, samedi, les dizaines de corps des victimes, drapés dans des couvertures noires, leurs vêtements déposés à leurs côtés afin de permettre leur identification.

« Les corps qui ont pu être identifiés samedi ont été enterrés dont certains pendant la nuit. Ceux qui n’ont pas été identifiés ont été enterrés dignement par le gouvernement », indique le porte-parole de la police, M. Mhina.

La rapidité de ces inhumations tient à la fois aux préceptes de l’islam et au fait que la morgue du principal hôpital de Stone Town ne dispose pas d’assez de places. Au moins 193 personnes ont été tuées dans le naufrage, la nuit de vendredi à samedi, du ferry venu de Dar es Salaam, la principale ville de Tanzanie, et qui assurait alors la liaison entre les deux principales îles de Zanzibar, Unguja et Pemba.

Touristes épargnés

Sur un total de plus de 800 passagers, 612 ont eu la vie sauve. « Il n’y a plus d’espoir de retrouver des survivants. Nous recherchons les corps pour qu’ils puissent être enterrés », commente M. Mhina.

Zanzibar, avec ses plages de sable blanc, tire l’essentiel de ses revenus du tourisme, mais la plupart des touristes empruntent des ferrys rapides plutôt que les bâtiments comme le Spice Islander, dix fois plus lents.

Le ferry était surtout occupé par des habitants de l’île de Pemba qui revenaient chez eux, à la fin du ramadan. « Nous protestions déjà contre le capitaine et d’autres personnes dans le port avant de partir, en leur disant que le bateau était trop plein, témoigne un survivant de 50 ans, Zaid Amour. Ce n’est pas un accident, ceux qui n’ont pas empêché le bateau de partir en sont responsables. » (afp)

AFP
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