Amazon lance sa première tablette

Technologie Aucune date pour l’Europe

Il y a deux sortes d’entreprises : celles qui travaillent dur pour faire payer plus aux consommateurs, et celles qui travaillent dur pour que les consommateurs paient moins. Les deux approches peuvent fonctionner. Nous nous positionnons fermement dans le deuxième camp. » Voilà comment Jeff Bezos, PDG d’Amazon, annonce ses nouveaux produits : des liseuses électroniques (e-books) et, surtout, une première tablette.

En égratignant Apple, mais sans le mentionner, le patron d’Amazon fait passer un message quasi subliminal : « Nous jouons dans la même division : nos produits sont concurrents. » Annoncée aux Etats-Unis pour la mi-novembre, la tablette Amazon Kindle Fire y sera commercialisée à 199 dollars. C’est moins de la moitié de ce que coûte le premier modèle d’iPad. En induisant l’idée d’un parallèle entre son nouveau produit et le joujou d’Apple, Jeff Bezos joue donc habilement. Mais les deux appareils sont différents.

Différences

Doté d’un écran plus petit que celui de l’iPad (18 cm de diagonale contre 25 cm), le Kindle Fire ne possède ni caméra, ni gyroscope, ni GPS, ni micro, ni Bluetooth, ni option 3G. En revanche, il est plus léger (413 g) et est compatible Flash puisqu’il repose sur Android. Mais ici encore, Amazon surprend : le cyber-libraire américain a opté pour une « vieille » version de cet OS qu’il a personnalisée et livre avec son propre navigateur Web, Amazon Silk.

Deuxième composant d’une tablette en termes de coût après l’écran, la mémoire n’est ici que de 8 GB. Amazon a choisi de limiter son produit à l’essentiel en cherchant à développer son propre écosystème. Au terme d’une première rapide estimation, certains analystes considèrent qu’à 199 dollars, Amazon devrait perdre 50 dollars par tablette vendue. Cette forme de vente subsidiée est connue dans le monde des consoles de jeu. Ici, le pari de Jeff Bezos serait de réaliser des bénéfices grâce à la vente de contenus. Ceux d’Amazon : des livres, de la musique, des jeux ou des films, en format numérique et donc téléchargeables. Le cyber-libraire devenu hypermarché en ligne propose d’ailleurs un service premium de téléchargement au prix de 79 dollars par an et encourage son service de sauvegarde Amazon Cloud.

Contrairement au marché des smartphones, celui des tablettes reste aujourd’hui totalement dominé par l’iPad. La récente liquidation du TouchPad de HP et la baisse de prix annoncée par RIM Blackberry pour le PlayBook montrent que, face à Apple, le montant de l’étiquette constitue un argument majeur. A 199 dollars, la Kindle Fire n’est pas la moins chère des tablettes, mais elle bénéficie de la puissance d’Amazon. Les deux éléments pourraient faire la différence face à de nombreux concurrents. Mais peut-être pas face à Apple.

DESALLE,PHILIPPE
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