Le futur Premier Wallon réussit son test linguistique

Le dernier Wallon intronisé Premier ministre d’un gouvernement fédéral s’appelait Edmond Leburton. Il reste à ce jour l’unique socialiste wallon à avoir assumé cette fonction. C’était en 1973. Une éternité. Le « grand chef blanc » de Waremme n’était pas apprécié des Flamands, notamment à cause de sa méconnaissance notoire de la langue de Vondel. Appelé, 38 ans après, à devenir le deuxième Premier wallon, le Montois au nœud pap’ est attendu au tournant par une Flandre très sensible à la maîtrise du néerlandais des mandataires fédéraux. A fortiori quand celui-ci dirige un gouvernement formé à l’issue de la plus longue crise communautaire du pays et promis à une opposition féroce des nationalistes flamands. Elio Di Rupo passait donc mardi soir un test-vérité de néerlandais en direct, dans les JT de la VRT et de VTM. Oui, il continue à rouler ses « r », à chercher ses mots, à trébucher dans les inversions, à « flamandiser » un terme français – quand il évoque le « zero resultaat » de la N-VA – mais, en bout de course, Elio Di Rupo assure et se fait comprendre. Il a même convaincu nos confrères flamands : « Nous avons été agréablement surpris. Par rapport à ses prestations précédentes, son néerlandais a vraiment progressé. Son niveau est acceptable », concède Bart Brinckman, journaliste du

Standaard. Jeroen Verelst, du Morgen, fait la même analyse : « Même s’il y a encore du travail, son néerlandais s’est amélioré. Il n’a pas commis de bourdes. Manifestement, le fait d’avoir été immergé dans notre langue pendant ces négociations lui a été très utile. »

Examen linguistique réussi donc, au nord du pays, par le futur Premier. Qui devra persévérer. En attendant, ce ne devrait donc pas être sur le terrain linguistique que le Premier pourrait trébucher. Pour mémoire, son prédécesseur wallon avait « tenu » quinze mois.

VANOVERBEKE,DIRK
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