Les nouveaux ont pris de la bouteille…

En 2007, lorsque l’Orange bleue pourrissait, les négociateurs d’alors ne parvenant pas à s’entendre sur la réforme de l’Etat, un élément était mis en avant pour expliquer la difficulté de l’exercice : l’avènement d’une nouvelle génération politique.

Celle qui ne connaît pas l’autre Communauté, ni ses mandataires ; celle qui se préoccupe plus de sa Région que du pays ; celle qui n’a guère d’expérience communautaire, voire de la gestion fédérale ; celle qui n’a plus d’empathie pour « l’autre », ni pour ses fondamentaux ; celle qui ne se fait plus mutuellement confiance ; celle qui diverge sur la notion même d’Etat belge.

Autant d’éléments qui ne plaisaient pas aux Joëlle Milquet ou Yves Leterme, mais qui ont pourtant pesé, des années durant.

A l’heure de la présentation officielle de la sixième réforme de l’Etat, rendons donc aux nouveaux Césars ce qui leur appartient…

Oui, la nouvelle génération politique – les Wouter Beke, Jean-Michel Javaux, Alexander De Croo, Charles Michel ou Caroline Gennez… et même Madame Joëlle-Non Milquet – est capable de vastes compromis Nord-Sud.

Oui, elle peut dépasser les intérêts partisans au nom de ce qu’elle considère comme l’intérêt général.

Oui, elle peut entendre et comprendre les arguments de l’autre, voire ses tabous ultimes.

Oui, elle accepte de tendre la main, par-dessus la frontière linguistique.

Oui, elle veut encore conclure des accords « équilibrés ».

Alors même que des « anciens » (Jean-Luc Dehaene, Herman Van Rompuy ou Johan Vande Lanotte) ont échoué ces dernières années.

Pas de doute : les nouveaux ont pris de la bouteille…

DUBUISSON,MARTINE
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