Mais où est donc passé Lamoureux ?

Cinéma Décès du réalisateur de la trilogie comique de la 7e compagnie

Le cinéma avait déçu Robert Lamoureux au point d’annoncer en 1961 qu’il renonçait définitivement à sa carrière de comédien. Mais il prendra sa revanche dans les années 1970 avec les trois films des aventures de la 7e compagnie où il tenait le rôle du colonel Blanchet. © D.R.

Né le 4 janvier 1920 à Paris, Robert Lamoureux a joué la dernière fois au théâtre en 2000, dans une pièce de sa composition : Si je peux me permettre. Depuis, il se reposait dans sa résidence de Boulogne-Billancourt, où il écrivait des poèmes. Cet accro au bon mot avait inventé le one-man-show et a régné sur le comique populaire pendant plus d’un demi-siècle. Quand Bigard a repris sur scène un pot-pourri de ses meilleurs sketches, il a plié le public en deux : Robert Lamoureux avait le rire indémodable.

L’artiste a touché à tout dans sa jeunesse. Comptable dans les Houillères de Colomb-Béchar, en Algérie, il a aussi été représentant en machines à écrire, avant de commencer sa carrière comme chansonnier, notamment pour Yves Montand. Il se fait un nom au cabaret à la fin des années 1940, grâce à ses monologues, dont certains comme Papa, maman, la bonne et moi passeront à la postérité. Il traverse le désert au début des années 1960, après avoir vainement tenté de jouer à l’acteur de cinéma. Reconverti dans le théâtre, il renoue avec le succès en reprenant d’anciens rôles de Sacha Guitry et en signant des pièces de boulevard.

Il ne connaîtra la vraie consécration que dans les années 1970, grâce aux aventures cinématographiques de la 7e compagnie et à cette réplique culte entrée dans le lange courant : « Restez groupir ». Dans la trilogie de la 7e compagnie, Robert Lamoureux incarnait lui-même le colonel Blanchet et mettait en scène les aventures des soldats Pithiviers, Tassin et Chaudard, joués par Jean Lefebvre, Aldo Maccione et Pierre Mondy. Le scénario s’inspirait directement des souvenirs vécus de Robert Lamoureux pendant la « drôle de guerre ». Livrés à eux-mêmes lors de la débâcle de mai 1940, ces bidasses ont fait le bonheur des matinées de cinéma pluvieuses tout au long des années 1970.

Un certain Nicolas Sarkozy, catapulté depuis au sommet de l’Etat, s’en souvenait encore au moment de commenter le décès de Robert Lamoureux : « Chacune de ses apparitions sur scène ou à l’écran, était l’occasion de faire preuve de la gouaille, de l’humour pince-sans-rire, mais aussi de la séduction qui caractérisaient cet esprit vif-argent. »

Jean-Marie Bigard avouait pour sa part avoir « tout piqué » à ce « grand oublié » de l’humour français : « C’est comme si j’avais perdu une seconde fois mon papa, mais mon papa de scène cette fois-ci. Depuis ma tendre enfance à l’école, dès que le prof avait le dos tourné, je montais sur le bureau pour faire des sketches de Robert Lamoureux. »

Pierre Mondy, sergent-chef de la 7e compagnie, a rappelé que Robert Lamoureux était tout simplement « un formidable raconteur d’histoires simples au service du rire ».

COUVREUR,DANIEL,AFP
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